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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

LE SENTIER DE L’ÂNE
Comme un journal extime, où l’on écrira, en toute immodestie, ses appréhensions du monde, où on essaiera de faire partager les passions fixes, comme celle de la poésie, en toute fraternité

L’ÂNE | Enfants gâtés ?


   aalane8.jpg Samedimanche. On ne va pas faire long. (Oui, je sais, je dis toujours ça, et après…). Parlons un peu des enfants du siècle : seraient-ils gâtés, trop gâtés, dans tous les sens du terme ? Dans les rues de

la Fidelissimma, ces enfants-là, des lycéens, sont descendus dans la rue, comme dans beaucoup d’autres villes de France, pour manifester contre le traitement de choc que ce bon Xavier inflige à l’encore  et provisoirement Education nationale. Inutile de dire que l’âne est de cœur et de sabots avec ces jeunes lycéens, pleins d’allant et d’enthousiasme, même s’il n’approuve pas vraiment que certains petits casseurs profitent de ces cortèges souvent bon enfant, pour, justement , aller casser, faisant ainsi le jeu de toutes les forces prétoriennes ( à croire qu’ils sont manipulés, non ?). Et donc, dans

la Fidelissimma, ils font le tour des lycées, cette grosse belle équipe de manifestants, pour entraîner les traînards dans ce joyeux et subversif monôme. Et alors là, il se passe deux événements, certes anecdotiques, mais fort parlants cependant. Aux portes d’un des lycées publics de la ville, ces lycéens ont voulu « bloquer », comme ils disent, et ils en ont été empêchés manu militari par, donc, la garde prétorienne : on y est, les forces de l’ordre contre celles du désordre, la jeunesse lycéenne du pays, qui en est pourtant son sel de la terre. On pourrait gloser sur l’affrontement de ces deux jeunesses, d’ailleurs, d’un côté la jeunesse enrégimentée en uniforme, de l’autre, la jeunesse débraillée et manipulée comme ne vont pas manquer de le clamer aux quatre vents de tous les medias soumis les porte-voix de l’umpèterie et de ses affidés. Et puis, ces mêmes lycéens, ils sont allés voir leurs camarades d’un lycée privé, confessionnel, chrétien, allons, disons les choses comme elles sont. Et là, mon pauvre, les grilles étaient fermées à triple tour, et les élèves des bons pères ou des bonnes sœurs, comme on disait à l’époque, enfermés dedans, cloîtrés, prisonniers, quoi ! Quand certains détracteurs de l’école proclament que ce n’est rien d’autre qu’une forme d’emprisonnement et d’asservissement, hé bé, en voilà une sorte de démonstration, non ? Et presque inconsciente ! Et pour couronner le tout, les lycéens ils communiquaient, à travers les grilles, les prisonniers du lycée catholique et les rôdeurs des lycées publics, et je crois que ceux-ci, les lycéens du public ne se sont pas encore remis de la question naïve d’une de leurs camarades enfermés dans la cour du lycée privé : figurez-vous que la jolie demoiselle, hé bé, elle leur a demandé qui c’était, ce Darcos, qui était brocardé par tous ces jeunes en goguette. Voilà. On va au lycée, donc on est au moins en classe de seconde et on ne sait pas qui est Darcos, qui est tout de même, quoiqu’on en  pense et quoiqu’on en dise, ministre des lycées, et depuis longtemps ! Voilà une autre démonstration de l’échec de l’éducation nationale, non ? Hé bé, non ! Si échec il y a, c’est celui de

la République, et même, allez, un gros mot, de la citoyenneté !

Et puis, juste à côté, une autre petite chose, sur les enfants gâtés. Qui l’est plus que les jeunes footballeurs, enfermés dans des ghettos dorés depuis leur enfance. L’un d’eux, plutôt doué (mais moi, vous savez, le foot…j’ai toujours pensé qu’il n’y avait que le rugby, comme sport collectif : là, au moins, on se sert des mains, qui sont, comme chacun sait, les prolongements du cerveau…De là à dire que les footballeurs n’ont pas de cerveau, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit !) Et donc, ce jeune homme doué, qui a changé de club, pour aller d’un grand club à un autre grand club, il débine, dans la presse, son ancien grand club, qui manquerait de classe, parce que, dit-il, dans les vestiaires, les joueurs râlaient parce qu’il manquait toujours un petit quelque chose sur la feuille de paie ! Quand on sait que ces jeunes gens émargent à des salaires mensuels qu’une femme de ménage va mettre plusieurs années à gagner, ou qu’un agrégé de physique nucléaire en fin de carrière ne touchera jamais pendant toute sa retraite, on se dit quand même, qu’il est un peu gonflé, l’enfant gâté, qu’il y a même un peu d’indécence à râler contre le petit quelque chose qui manque à une paye qui se chiffre parfois à plus de 100.ooo euros la semaine, parce que les footballeurs, ce n’est pas au mois qu’on les paye, mais à la semaine, pour que ça paraisse moins gros, moins indécent, moins ridiculement tragique, quand on sait où on est, de la crise, de la misère, du chômage et de toutes ces choses. Voilà. Allez, c’est tout pour ce samedimanche. Il fait soleil en Catalogne, mais ce n’est pas sûr que ce soit une bonne chose, tant la terre a soif d’eau et les montagnes de neige. Mais, tant pis, on va essayer d’en profiter. Et vous, portez-vous bien. Quand même.
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L’ÂNE| Choléra, peste et toutes ces choses


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Une infamie chasse l’autre. Allez, je ne vais pas en remettre une couche, puisque Patrick Pike, dans son dernier grignotis, a dit ce qu’il fallait en dire, et en plus propose une toile de Van Gogh pour illustrer son propos. Dont acte, allez déplier la toile de rondins du grand Pike ( oui, je sais, c’est de la connivence, presque du délit d’initié, et depuis que Blog Jim a parlé des autre billettistes, les mousquetaires de la pique ( non, pas de l’estoc, on laisse ça à l’ineffable Fadela, et on ne va pas revenir sur la polémique qui finalement fait plus sûrement exister les ministres que leurs politiques, leurs projets( ?), leurs visions ( ?) et le bien public pour lequel ils sont censés se donner corps et âme ( non, on, ne riez pas, là-bas, au fond de la classe ! N’oubliez pas que les pandores veillent, et que désormais ils peuvent à tout moment débarquer dans les classes, avec leurs chiens dits policiers, et pratiquer la fouille au corps, non mais ! Et vivent les chevaliers du guet, ohé, ohé !))
se congratulent ou se concertent pour y aller de leurs grignotis sur leurs toiles de rondins qui vont finir par devenir un véritable réseau de rondins, sur notre belle plate-forme méridionalo-occidentale, n’est-ce pas ? Et voilà une autre théorie du complot, qui fait florès un peu partout dans notre petit univers, et on n’a rien inventé, relisez Balzac, et son Histoire des Treize, par exemple – ah, oui, l’instant cuistre, ne jamais oublier l’instant cuistre !),
et il dit ce qu’il faut penser de cette nouvelle infamie, ou idiotie, ou ineptie, sortie de la tête d’un penseur méconnu, et qui mérite sûrement de le rester, et qui propose de ficher les gens en fonction de leur couleur : pourquoi pas ? Tout le monde sait que les Martiens sont verts, mais si on les fiche comme tels, ça ira mieux pour les expulser vers leur petite et dérisoire planète, non ?
Non, ce qui nous sollicite (comment dire autrement ?), ce sont ces collisions d’informations qui, en apparence, n’ont aucun lien entre elles mais qui reliées aussi sûrement qu’une toile venimeuse de mygale gazetière, constituent la trame de jours dont la seule chose que l’on puisse dire d’eux, c’est qu’on pense qu’ils ne peuvent être que meilleurs, parce que s’ils doivent devenir pires, alors, pauvres de nous, le peuple ! Donc, il y a le choléra au Zimbabwe, qui vient enfin de faire appel à l’aide internationale, un joueur de rugby australien


vient de se voir proposer un salaire d’à peu près  million d’euros mensuels pour jouer à la baballe ovale sur la perle de la Côte Basque ( Bayonne, bien sûr, pas Biarritz !), et un diaporama circule sur la Grande Toile montrant de très magnifiques daguerréotypes de la prétendue demeure du guérillero héroïque devenu dictateur paranoïaque, mégalomane, et sanguinaire de ce pauvre Zimbabwe, qui n’en demandait pas tant, lui qui fut, sous un autre nom, une sorte de jardin d’Eden ( enfin, pas pour tout le monde quand même !) et de grenier de l’Afrique : hoax, intox, ou réelle info ? (Allez, il y a bien un naute sur les toiles de rondins qui saura éclairer notre si faible lanterne, non ?).
Voilà, on crève d’une maladie qui était quasiment éradiquée, le rugby qu’on croyait épargné rejoint le football dans le non-sens, la démesure, l’injustice et la honte, alors même que la Côte basque, certes bénie des dieux, n’est pas épargnée par ce que tout le monde appelle la crise ( un autre mot ?), et que si Alain Barrière chantait qu’il lui semblait que «  la misère serait moins pénible au soleil », elle n’en reste pas moins la misère, et les tyrans, eh bien, ils sont fidèles à leur histoire, ils tyrannisent et étalent leur obscénité vaine dans le luxe et l’indécence : on appelle ça le progrès ?
Bon, ce ne sont que des banalités… De fait, nos TDR devraient restées dépliées en permanence et que chacun puis y graver, sans cesse, ses petits grignotis : y aurai-il alors un effet «  Jéricho », comme les fameuse trompettes et les non moins fameux murs (tiens, Hugo, encore ! et tiens encore, cuistre à nouveau !)
Où sont les veilleurs et les vigilants, sinon dans le camp des puissants, et qu’ils jugent dérisoires, qui sait ? tous ces grignotis qui vont au fil de la Grande toile ?
Allez, pour l’heure, le bourricot est toujours avec ses frères partis de l’autre côté de la Toile, le Pancrate va et vient  dans son effervescente et incessante agitation , les umpéteurs se prosternent, et la neige tombe sur les Pyrénées ; Le grand Jordi est toujours fatigué, et donc l’âne gribouille son grignotis sur son petit Jordi, il n’a pas envie, l’âne, de graver les daguerréotypes du palais émiratique du Caligula du Zimbabwe, tant qu’il n’est pas sûr de l’authenticité de la chose, et il va vaquer à d’autres tâches ménagères de fabriques de planches en construction de seuils, en passant par le ravalement de façades villageoises : vous voyez , il y a du pain ( il en reste encore, en Gaule, et en Catalogne, malgré son augmentation pancratienne !) sur la planche ( tiens, on répète !mais, vous le savez, bis repetita…) . Donc, il reviendra, on y œuvre, le temps des images. Et aujourd’hui, comme demain, on partage le sentier avec les bourricots partis, qu’ils soient d’une imaginaire Pologne, de Lohitzun, de la belle ville de Pamiers aux portes de l’Ariège,

ou d’un petit village perdu, sur les bords de la rivière de l’aigle, au pied de la plus belle montagne du monde, le Canigou.

Et, dans son ombre, à la montagne du grand chien blanc, ou ailleurs, par exemple au piémont de la Rhune

ou sur les bords du Léman,

et où que vous soyez, puissants ou misérables ( on est évangéliques ou on ne l’est pas, non ?), portez-vous bien. Quand même.
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L’ÂNE | L’ennui

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Je ne m’ennuie jamais.


Enfin, je crois. Jusqu’à maintenant. Mais on n’est pas à l’abri. Surtout avec la retraite, comme on dit. Bah, la retraite ! ça n’a aucun sens, le mot. La chose, un petit peu. Je pense toujours à Bunuel, l’immense Luis, qui, à la fin de sa vie, ne tournait plus, faisait la grasse matinée, traînassait le matin et laissait passer le temps jusqu’à l’apéritif de midi puis la sieste, puis un peu de temps jusqu’ à l’apéro du soir, tapas, repas qui traîne, on dort et ainsi de suite jusqu’à la fin. Bunuel ! Celui qui a tourné La Voie lactée, Le Charme Discret De La Bourgeoisie, Le Fantôme De La Liberté, pour ne parler que de ces trois chefs d’œuvre. Alors si lui s’ennuie, pourquoi pas nous ?



Mais non. Parce que pour le moment, le temps est bien chargé. Tous les jours il y a quelque chose à faire, et surtout tous les jours il y a un combat à mener,




une crasse à nettoyer – ou au moins, à montrer- une fumisterie politicienne à moquer et démonter, un ahurissement à raconter. La Renarde Argentée et son compère austère  à nom d’étoile filante et leur «  croissance négative » : c’est-y- pas beau ça, comme foutaise ? Et le pire, c’est qu’il s’en trouve et des qu’on croit intelligents et tout et tout pour applaudir des deux mains à cet oxymore calamiteux inventé par ces deux océans jumeaux de la pensée économique. Et le Pancrate à l’ONU, et pas au Congo, quand même, faut pas exagérer ! Et le reste à l’avenant. C’est simple, on devrait rester enchaîné à sa toile de rondins et la dérouler sans cesse y gravant des grignotis sans fin comme ces scribes du Moyen âge nés, élevés et morts dans des abbayes lugubres où ils s’usaient les yeux nuit et jour à graver, regraver enluminures et manuscrits qui font aujourd’hui le miel des bibliothécaires et des marchands, et Le Nom De La Rose donne une assez bonne idée de ça, et on pardonne beaucoup à Annaud ( et bien sûr à Eco, à qui on n’a rien à pardonner, d’ailleurs) puisqu’il a fait  ce film.

Mais l’ennui. Il est sournois, l’ennui. On en fait des films étonnants,



et des tableaux magnifiques,


qui le suent, l’ennui,



mais que l’on voudrait partager, cet ennui. Puis, on le vit, souvent seul, l’ennui.



Et par exemple ce soir, l’âne aiguise ses plumes d’oies et son trépied à daguerréotypes parce qu’il va aller visiter des anciens combattants en bout de course, et des comédiens amateurs qui vont sur des tréteaux de fortune donner une représentation qu’ils appellent artistique et théâtrale. Et là, oui, c’est l’ennui. Parce qu’il y a toujours mieux à faire, un livre à lire,



tiens par exemple les Nouvelles complètes de Jim Balard, avec qui j’ai appris à écrire de la science-fiction, et qui viennent d’être publiées chez Tristram, grand petit éditeur. Ou regarder un film sur les chaînes cinéma, et ce n’est pas ce qui manque. Ou voir , allez, tout de même, l’équipe de rugby de Perpignan affronter dans un combat douteux celle de Biarritz,  Catalogne du peuple contre Côte basque bourgeoise, ça vaudra son pesant d’épopée. Mais non, ce soir on fait le boulot, l’échine chargée du petit baluchon du petit correspondancier, trognes rouges devant le petit oiseau qui va sortir, canards sauvages qui sont tout sauf harmonieux, blagues de comptoir après le dernier pastis . Tu craches dans la soupe, bourricot ? Mais non, mais non, c’est souvent – presque toujours- passionnant, d’aller à la rencontre, de photographier, et surtout d’écouter, puis d’écrire, écrire, ça, surtout, avant tout, devant tout, écrire. Mais il y a des soirs, d’anciens combattants qui furent héroïques mais sont bien fatigués et de mauvais comédiens aveuglés, où on se dit qu’on devrait casser l’appareil et ne pas remettre d’encre dans le stylo. Ça ne dure pas, parce qu’il y a toujours une pépite à trouver. C’est encore Bunuel qui le disait ( enfin, j’aime croire que c’est de lui) : même dans le plus mauvais des navets, il y a toujours au moins trente secondes géniales. Ce sont ces trente secondes que je vais aller chercher, ce soir. Tant pis pour le film, pour Ballard, pour l’USAP ( mais je m’en fous, l’Aviron Bayonnais a gagné !), pour les poèmes que j’aurais peut-être écrits et camouflés : ce soir, je marronne, aux anciens combattants et aux comédiens de village ; et vous allez voir, que si en plus la Madone règne à Reims, je vais m’en trouver bien. C’est toute une philosophie. Pas celle du rond point, non, mais toute une philosophie de l’ennui ( lisez ce petit livre !)



Alors, j’y vais guilleret, finalement. Et vous ? Quoique vous fassiez ce soir, ennui ou pas, attention à la terrible maréchaussée, aux prétoriens au ministre boute-feu, et portez-vous bien. Quand même.

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L’ÂNE | Odalisque et vanité


 


Oui, je sais, je ressasse, je rabâche, je radote, c’est la fin de samedimanche, la journée a été pleine, Toulouse a gagné de justesse, et Sébastien Loeb  aussi mais pas de justesse, lui, et chez Drucker, l’inévitable, immarcescible, inoxydable, indétrônable Drucker, il y avait l’Odalisque.



A part Le Jour Du Seigneur et Le Journal Du Hard, quelle émission elle n’a pas faite, l’Odalisque ? Et encore, je ne suis sûr de rien, du moins pour Le Jour Du Seigneur, parce qu’elle a dû aller à la messe, de ci de là, et je suis sûr qu’on doit la trouver quelque part sur un film dans une église, une basilique, une cathédrale, une chapelle,, avec la députée de Catalogne Nord, la seule députée de Catalogne Nord, celle qui sourit plus vite que son ombre et qui est sur toutes les photos de toutes les pages de toutes les éditions du journal d’ici, on ne vous dira pas son nom, vous ne pouvez pas vous tromper, elle était même entre le pape et le Pancrate, il y a peu, quand le pape est venu voir si Lourdes jouait toujours aussi bien au rugby ( Mais oui, Benoît, les Prat ne jouent plus, Lourdes n’est pas dans le Top 14, mais enfin ils continuent à jouer au rugby, et puis ils restent une légende, autant que Bernadette, et d’ailleurs je crois que tu as atterri sur le stade, non, à Lourdes? Comme quoi, tu sais où sont les légendes, au bord du Gave, entre Massabielle et Pic du Ger ! ).
C’est du matraquage, ou je ne m’y connais pas. Les immortelles chansons de l’odalisque pendant que le monde est en train de sombrer, pourquoi pas ? D’ici à ce que la Renarde Argentée nous la joue Sœur Sourire, il n’y a que l’espace d’un fil de guitare…
Pendant ce temps, les banques…mais on reparlera des banques, des assurances, de leurs présidents qui ont des noms de bouton pression, du prix de l’essence, et tout le cetera…
Et décidément, rien ne surpasse l’ecclésiaste, assénant son « vanitas vanitatum et omnia vanitas » :



qu’est ce donc d’autre que ces apparitions éthérées d’une odalisque susurrante ? et qu’est ce donc que ces entoileurs de rondins qui gravent sur leur TDR leur « graphique » du moi(s) : regardez-moi, je suis tout beau, j’ai eu tant de millions de clics ce mois-ci ! Et toi, l’âne, tu y échappes , à ça ? Qui sait ? Qui peut dire qu’il ne regarde pas combien de visiteurs sont venus dérouler sa toile ? Mais de là à graver des graphiques ! Par le grand Jumart, ce n’est pas un concours, il n’y a rien à gagner, sinon un peu de ridicule et beaucoup de compassion ! Ou alors, un concours de vanité(s) ! Je m’introspecte, cependant, sur ce prurit rondineur, et m’instrospectant, je vous considère : en attendant lundi, s’il advient, ou  la fin des temps, si elle est proche, portez-vous bien. Quand même.
 
 
 

L’ÂNE | à Toulon, voir la flotte !


 


Tiens, puisque j’étais dans les souvenirs ( et les regrets aussi, non, comme les feuilles mortes ? Non ! Ni remords, ni regrets, c’est une ligne politique, qui vaut ce qu’elle vaut, et ce que valent toutes les lignes, pas grand chose, en fin de compte, mais transversale, non ? et que beaucoup de politiciens ont fait leur, non aussi ?), un court appendice à ce que je gravais hier sur ma toile de rondins, à propos de mon ami mort, celui qui nous fournissait en Yaset. Il habitait, je l’ai dit, le bureau de tabac, au cœur du village, à 10 mètres du café, et à 15 mètres de chez ma grand-mère, voisine du café – ce qui, de fait, allait parfaitement bien à mon père et à mon oncle, qui n’oubliaient pas d’aller prendre leur demi bi- quotidien et leur apéro itou, à ce café vicinal, lui aussi au cœur du village, et toujours là, 


et en plus, le café – comme quoi…- c’est le frère du bourricot qui le tient maintenant, et, puisqu’on reste dans les équidés, L’étalon, il s’appelle , le dit bistro, à moins que ce ne soit Le Talon, parce que mondit frère, il fut rugbyman, dans sa prime jeunesse, et à ce poste si extraordinaire qu’est celui de talonneur,

et un bon, un vrai de vrai, un de ces guerriers paysans toujours en armes pour sauver la patrie en danger, monter au front,


et refaire Valmy à chaque rencontre !-.
Et donc, l’ami mort, Bernard – je l’ai dit- était plus particulièrement copain avec un mien cousin, germain de surcroît, avec qui j’ai grandi, et avec qui, d’ailleurs je vieillis, puisque la cousinade ne s’est pas interrompue, et qu’elle est restée fraternelle, et neurologue, aujourd’hui, le cousin, comme quoi, l’influence des Yaset, et de leurs effluves a pu faire naître des vocations de thérapeute de l’esprit et de l’âme, et ils se voyaient tous les jours, pour aller jouer à la promenade, ce qu’on appelait la promendade , à 50 mètres du centre du monde, c’est à dire du cœur du village, qui existe encore, mais bien amputée par le béton et le goudron.
Et ce faisant, Bernard passe un beau jour, il y a des lustres, devant le café, un peu dépité de n’avoir pas trouvé mon cousin, qui devait peut-être travailler, ou à la chasse accompagnant son père, prince des chasseurs du village, ou être au jardin, ou qui sait où ? lui qui était le parangon de l’élève doué ET travailleur, ce qui va rarement ensemble, aperçoit mon père au café, attablé avec ses amis – chasseurs, eux aussi probablement- devant la bière ou le pastis ( ou les deux…), et lui demande, à mon père, s’il a vu mon cousin et où il est. Mon père, qui a passé sa vie à blaguer, parce qu’il avait vite compris que c’est le meilleur moyen de supporter l’existence, lui répondit ce qu’il nous répondait souvent quand on lui demandait où il allait : «  à Toulon, voir la flotte ! »,


ce qui, à nous, avait pour effet à la fois de nous faire rire et de nous exaspérer. Pas Bernard. Lui, il ne s’est pas démonté, sûrement imperméable à l’humour de mon père, et lui répartit, superbe : «  Hé bé, quand il reviendra, vous lui direz que je suis à la promenade. » J’entends encore le rire de mon père quand il nous racontait ça, à nous aussi pliés, et Bernard pas tellement sûr de comprendre pourquoi on riait autant, de quoi et de qui.
Ah, souvenirs, souvenirs, je vous retrouve dans mon cœur, chantait Johnny à peu près à la même époque

et on commençait déjà à collectionner ses 45 tours ( le premier, c’est bien quelque chose dans le genre «  Laisse les filles », non ?). et , ça devient la toile de rondins d’un vaisseau-fantôme, là ! Allez, on reviendra sur d’autres navires, même si ce sont des paquebots en péril, comme la mairie de Perpignan, par exemple, risée de toute la France et honte de tous les catalans. Bon, on résistera au bleu, en le chantant, même. Et donc, chantons ensemble, du Zimmerman, par exemple, et «  Blowing in the wind », et sur cette ritournelle ( tiens ! révérence à Le Clézio, même si peut-être la deuxième partie de son œuvre, on s’y sent moins bien et si on partage un peu ce que dit notre poète, Alain Guillaume, sur la TDR de l’ami Patrick ; mais quand-même, Le  Procès-Verbal et L’Extase Matérielle, c’est quelque chose, non ?), et , ainsi chantant, sous la pluie ou non, portez-vous bien. Quand même.
 
 
 

L’ÂNE | Au loup !


  
 
 

La bêtise n’est pas mon fort, disait Valéry ( le vrai), par la voix de Monsieur Teste. Moi, je ne peux pas en dire autant, bien sûr. Mais je ne suis pas le seul, et si tout le monde n’est pas dans le même petit troupeau de bourricots sur les sentiers de Cerdagne, certains hominidés  pourraient marcher à quatre pattes qu’on ne verrait pas trop la différence avec nous, pauvres ânes calomniés. Et, comme dit Le Canard, qui s’y entend en volatiles, ils franchissent allègrement le mur du çon( qu’on pourrait leur donner en pâture, parce que pour le chardon, il y aurait presque gaspillage…

De quoi s’agit-il ? Oh, de rien, de trois fois rien, de rugby encore, cette métaphore de l’univers en expansion ou non ( lois de la thermodynamique, on vous révère, au nom de Jules Verne et de Michel Serres) 


. Encore ? Allez, tu vas nous parler de la fidelissimma, qui a offert une paire de chaussettes ( elle brade…) au meilleur joueur du monde qui viendra villégiaturer quelques mois pour quelques euros ? Non, ce sera pour une autre fois, pour un autre petit tissage sur la toile de rondins ! aujourd’hui, c’est plus à l’Est que ça se passe, et Solange le dit très bien, à l’Est il y a toujours quelque chose de nouveau ! Donc, à l’Est, dans une ville au bord de notre mer, avec la rade la plus célèbre de France et dans le dos un mont,  qui pour n’être pas faraud n’en est pas moins Faron, il y a une équipe de rugby célèbre, qui eut ses heures de gloire il y a quelques lustres avec une héroïque et redoutable famille de corsaires qui aimait la bagarre, et de flamboyants frères de la flibuste qui portaient un nom où s’inscrivait leur rudesse, Herrero,


mais qui par la suite s’est un peu perdue, et aujourd’hui a retrouvé les feux de la rampe et évolue dans ce qu’on appelle dans cet inimitable langage sportif, le Top 14 ( celui qui m’explique l’expression a droit a un chardon dédicacé). Et cela à grands coups de recrutement de joueurs vedettes, en particulier ceux du Sud, All Black légendaire ou mythique Springbok. Bon, et aussi sûrement grâce à un président hors norme, jeune, entreprenant, audacieux, gonflé, riche, enfin, avec plein de qualités, même qu’il est éditeur de BD, et l’un des plus grands sur la place, avec Glénat et Dargaud, par exemple. Et ce président, il est …expansif, démonstratif, excessif. Bon, ça, dans le monde ovale, ce n’est pas rare, et ça fait même partie du folklore : après tout, le comique troupier Patrick Sébastien ( on en reparlera un jour, il le mérite) est lui aussi président d’une équipe de rugby, plus incertaine, celle-là, mais non moins glorieuse, dans le Massif central.

Et la thermodynamique ayant ses lois, à ce président en expansion, on a appliqué un traitement de détension, et on l’a suspendu de terrain pendant trente jours. Que celui qui n’a jamais été suspendu lui jette le premier ballon ! Même Philippe Sella, l’immense Philippe Sella a subi un jour, une seule fois, l’opprobre du carton rouge. Donc, jusqu’ici , pas de quoi fouetter un arbitre. Mais là où ça dérape un peu, c’est lorsqu’on interviouve ledit président ( il y a toujours un micro et une télé pas loin de lui), et qu’il se perd en considérations ethico-philosophiques sur le rugby conservateur et tout et et tout, et puis il ajoute, que s’il est puni c’est peut-être parce qu’il est « brun » ! Bouf ! C’est dit ! Après la reflexion morale, la reflexion ethnique : on est carrément chez Levi-Straus ! Le rugby est raciste, ses dirigeants n’en parlons pas, et la Ligue qui dirige le rugby français un repaire de nostalgiques de la race supérieure aryenne.

Sauf que. Sauf que le président de ladite Ligue, la personnalité la plus importante et la plus emblématique du rugby français, le meilleur joueur que notre petit monde ovale ait connu, l’ange qui a fait rêver des générations d’adolescents et d’adolescentes , leurs papas et leurs mamans,

eh bien, il n’est pas précisément blanc ou blond, même s’il s’appelle Blanco. Il est plutôt brun, le divin Serge, non ?


Alors, attribuer une sanction somme toute légère et somme toute méritée à la couleur de la peau, certains pourront dire que c’est une forme de racisme, aussi ; moi, je préfère dire que c’est de la mauvaise foi, ou, au mieux ( mais l’homme est malin, alors..) de la bêtise ! Crier au loup, ça peut marcher une fois ; mais les habitants du monde ovale, sans races ni frontières, sont plus avisés que cela, et préfèreront en sourire !

Et pour bien montrer que la beauté est multicolore et se fiche comme de sa première chaussette de la couleur de la peau, allez, voilà quelques sublimes beautés, blonde,


rousse,
 

et brunes.




Et dans leur contemplation, portez-vous bien. Quand même.


 
 
 
 
 
 
 
 

L’ÂNE | Delanda est Carthago


  
 

Samedimanche, bien avancé . On s’est retiré loin de la toile de rondins, parce qu’il y avait autre chose à faire et à dire pour cette fin de l’été. C’est la journée du patrimoine, et comme on se sent un peu comme faisant partie du patrimoine… Bon, on voulait tisser la toile comme d’habitude, mi-naïf, mi-amusé, parler un peu de rugby, de sport, d’opium du peuple, de cet artefact préhistorique qu’on appelle le Sénat. Et puis boum dans les naseaux. On allume la boite à image, on se met sur une chaîne en en infos continu, vous savez  le fameux bandeau déroulant. Pourtant, ce matin, vous l’avez bien vu, qu’un professeur était accusé d’avoir mis un coup de poing à un élève. Ce n’est pas une raison, ce n’est pas une chose à faire. Mais qui n’a jamais été seul face à une trentaine de jeunes gens dont certains  rendraient hystérique la momie de Ramsès II non seulement ne sait pas de quoi on parle mais en plus n’a pas trop le droit d’en parler, de ça. Et donc, haro sur le magister, n’est-ce pas, et comme d’habitude l’administration, marchande de couvertures en gros, s’est donc bien couverte, et a suspendu le professeur, n’est-ce pas ? et puis le reste, le bourricot que je suis n’en a rien d ‘autre à faire que çà : il s’est suicidé, le professeur. Pour un coup de poing que lui dit ne pas avoir donné. Peut-être, finalement, aurait-il dû le donner, le coup de poing. Sur un terrain de rugby, quand un misérable petit roquet fait suer tout le monde, il y a un homme tranquille qui arrive et qui d’un geste simple, serein mais définitif fait comprendre au roquet qu’ici on est entre gentilshommes. Apparemment, ce n’est pas le cas dans nos établissements d’institution, et Nietzsche, lui, est bien mort. Allez,, on n’a pas le cœur à faire ou tenter de faire de l’humour à 3 sous. Un frère en mission d’élévation est mort. Je ne sais pas où, ni qui il est. mais il est mort. Je ne connais même pas l’histoire, mais il est mort. Alors, on reviendra peut-être, demain, parler d‘autre chose. Peut-être. Et Patrick Pike , sûrement, nous donnera une analyse plus pesée et mesurée que la mienne, âne enragé que je suis. Je le souhaite, en tout cas. Mais un professeur est mort, parce qu’il a peut-être, ou peut-être pas, donné un coup de poing à un élève. On en saura inévitablement plus, mais lui, il est mort. Et le Xavier, là , qui sort des médailles de sa poche comme les magiciens en sortent des œufs, il va lui donner une médaille, au professeur. A titre posthume. Et de quelle couleur ? Allez, c’est trop triste. Ou  trop bête. Alors, si vous le pouvez, portez-vous bien. Quand même.


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L’ÂNE | Bodega


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Samedimanche. C’est presque un petit été toutes les fins de semaine. Pour les coups fourrés, les mauvais coups, les coups en douce, je veux dire. Par exemple la raquette à phynances des contrôles de vitesse sur les chemins départementaux où passe une voiture à l’heure, en bas d’une descente, derrière un petit bosquet. Et eux, les pandores, ils t’attendent à l’autre bout du pont qu’inévitablement tu dois traverser, ou en haut de l’autre côte, quand tu es en bout de course. C’est inévitable. Et ils sont même polis, parfois, deux doigts à leur nouvelle casquette de base-balleur, et bonjour M’sieurdame, pourquoi alliez-vous à 63 alors que c’est limité à 60. Bon. Brassens m’a depuis longtemps donné la réponse à cette question, donc je ne la réitère pas. Pas plus que je recommence cette histoire, entre hoax et bonne blague, sur la travailleuse gaulée par le pandore qui, benêt ou naïf lui demande ce qu’elle fait comme métier, qui suscite son excès de vitesse, et qui répond, c’est selon la version de l’histoire, qu’elle est étireuse d’anus ou agrandisseuse de rectum, ou élargisseuse de trous du cul, etc. : si vous ne connaissez pas l’histoire, qui est, allez, fortement irrespectueuse pour la marée chaussée, elle est, mais oui, mais oui, réjouissante, malgré sa grossièreté, pour les humbles, anonymes et coupables, forcément coupables, contrevenants verbalisables que nous sommes. On a rétabli la taille, ne manque plus que la gabelle, mais ça ne saurait tarder. Quoiqu’un excès de vitesse à dos d’âne, il faudrait vraiment une mutation génétique propre à transformer un umpéteur en communiste ! ( l’inverse est plus fréquent : allez découvrir Le Petit Département Illustré, sur notre plate-forme meridionalo-occidentale, et le gentil Jacquot, l’un des éléments de l’inénarrable duo que l’ami Dedalus met souvent sur le devant de sa toile de rondins !).
Mais quand même, le samedimanche, c’est autre chose, aussi, le jour de la grasse matinée, le jour de la promenade au bord de la mer, ou de la rivière, on ramasse quelques galets, ( à moins que ce ne soit interdit, ça aussi ? Qui a la réponse ?), on se prélasse, et même on travaille, parce que le travail choisi – grosse arnaque, au demeurant ! – c’est quand même mieux que l’esclavage salarié, qui, en France, à Espelette ou Coustouges, est cependant bien plus supportable qu’à Calcutta ou Ciudad Juarez, allez !
Le samedimanche, c’est un rêve de bodega, ce lieu – voir les définitions ! – fermé ou ouvert ( déjà, ça ouvre les possibilités…) où on se réunit entre fuyards de l’extrême vie quotidienne, et il y a de la musique ou non, et on reste debout ou non, on  s’assied ou non, en tout cas, on est libre, et on partage quelques verres entre amis,

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une San Miguel, un muscat, un jus de fruits, qui sait, et on refait le match à défaut de refaire le monde. Oui, des bodegas, il y en a beaucoup dans le Sud-Ouest, beaucoup dans le Nord de l’Espagne, et oui, souvent elles ont quelque chose à voir avec les jeux barbares du samedimanche, là où viennent se faire sacrifier des toros braves. Mais non, on ne va pas reparler de corrida, il y a assez de toiles de rondins qui s’y consacrent, DEB veille avec son bazooka à lunettes infra-rouge, et Zocato, ( hélas !) en transforme ses comptes rendus en poésie inaccessible. Non, je voulais simplement dire que la bodega, c’est un peu nos toiles de rondins où on vient en liberté, amicalement, on ne se connaît pas et on se connaît depuis toujours, et on discute jusqu’à plus soif, de la cuillère de Saint Augustin, du sordissime chez Pascal Quignard, des avanies de la Pancratie, et des sous-bois de Cerdagne ou du Pays Basque, entre le Mondarrain  et l’Atchuria, par exemple, ou entre Quers et La Tour de Carol, que Brigitte Fontaine a rendue célèbre à jamais…
Et donc, ces bodegas ouvertes à tous vents, comme les prairies de Kevin Costner, on les fréquente par la pensée les samedimanches, mais oui, dans les villes où se célèbre cette étrange cérémonie autour de 30 jeunes gens en petites culottes autour d’un ballon ovale, avant, pendant et après le match ! Surtout du côté de ces villes et villages méridionalo-occidentaux, de Saint Jean de Luz à Vic Fezenzac. Ce n’est pas qu’un éloge de ce sport qui n’est pas tout à fait comme les autres, mais de ce mode de vie, où on essaie de se transporter en rêve, et la bodega serait alors une espèce d’utopie qui mélangerait les abords du Guggenheim à Bilbao, la place de la corrida à Donostia ( mais, oui, et sans toros, la place, tout simplement) , et les quais de la Nive…)

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Et la guerre s’y arrêterait un temps…
Utopie ? Non, même pas… un moment de rêverie de samedimanche, quand on est dans une bodega, une mousse à la main, avec d’autres bourricots de passage, à parler daguerréotypes, sentiers, montagnes, et impostures de ceux qui gouvernementent. Du bleu ? Non. Mais comme une échappée belle, oui. Et Si vous vous échappez aussi, portez-vous bien. Quand même.
 
 
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L’âne | ABSALON !ABSALON !


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Par les sabots du grand jumart, qui a couru à Olympie avec Néron, je m’étais promis de ne pas trop me laisser aller à graver mes petits placets sur ma toile de rondins à propos des jeux olympiques, d’abord parce que tout le monde en parle, et que ce n’est pas la peine d’en rajouter, surtout qu’il y a dans notre cher SUD OUEST des journalistes à la plume aussi acérée, dorée, brillante, aérienne que Zocato ( non, pas tout à fait, quand même ! Zocato, c’est le zénith, l’alpha et l’oméga, le Phelps et le Périclès, le Zola et le Kââ…non, arrêtons, ça devient de la flagornerie, et il finirait par croire, Zocato, si par le plus impur des hasards ces quelques braiments lui venaient sous les yeux, que je me moque : mais non, mais non, Zocato, quand j’ouvre mon SOD, je cours à la recherche de tes saintes écritures, et je me prosterne, mais oui, mais oui !) qui savent donner les couleurs du réel à ce qui se passé à Pékin, et qu’on suit, quand même, malgré le reste, le Pancrate, les talibans, les avions pourris de la Spanair, le duo infernal Renarde argentée-Bécasse dorée et le cetera à l’avenant ! avec en prime le Kaiser Bernard, notre sous-ministre des sports qui passe une avoinée – l’âne adore ! -à ceux qui pensaient qu’il fallait boycotter les JO de Pékin, parce que malgré tout, c’est toujours de la politique – même si, je persiste et je signe, tout n’est peut-être pas politique, j’ai dû écrire cela quelque pat, et notre poète du blues, Alain Guillaume m’avait vertement tancé : si je me trompe encore, j’attends sa tancée avec humilité ! -, qu’on suit donc, écrivais-je, les JO, sur ces petites chaînes sympas dont les journaux en boucle durent un petit quart d’heure, pas de quoi s’agacer, s’ennuyer ou s’alanguir !
Et moi, par contre, je m’alanguis, là, alors que je voulais faire court, mais que voulez-vous, l’âne est un marcheur de fond, patient, têtu, lent et sinueux, mais accroché à son sentier comme le lierre à ses pierres ( bon, allez, un petit coup de cuistrerie métaphorique…). De fait, ces dernières journées des JO, eh bien, je me suis régalé – mais oui, mais oui !- dans cette suspension du temps, à regarder ces compétitions qui en sont tout en ayant l’air d’être autre chose, la descente des filles sur ces drôles de petites bicyclettes qu’on appelle, allez donc savoir pourquoi ? ( Et moi, en tout cas, je ne le sais pas !) des BMX, à fond les pédales, sur une route qu’on dirait un sentier de Cerdagne quand tu le descends pour arriver à l’heure à l’apéro,
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et puis le lendemain alors, c’est le VTT, et là, oui c’est carrément la rando, tu montes , tu descends, et à l’arrivée, c’est un garçon plutôt sain et sympa qui gagne, il fait du tandem avec des jeunes 
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et il a un nom faulknérien, un nom de grande littérature et un prénom stendhalien, Julien Absalon, Absalon, Absalon,
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comme écrivait Le grand Bill du comté au nom imprononçable , et pas tiré par les cheveux, cet Absalon, et puis ce matin, une équipe de joyeux lurons qui déménagent des bûcherons islandais et qui remportent la dernière médaille dorée dans la dernière rencontre, avec le dernier hymne et c’est la Marseillaise, eh bé, écoutez, l’âne, malgré qu’il en, ait, il a eu des petits frissons, parce que le handball c’est du collectif, c’est du ballon, c’est les mains, ces mecs sont joyeux, un peu dingues, pas toujours politiquement corrects, leur maître en références est un garçon adorable et humble avec des dreadlocks comme Bob Marley et il se prénomme Jackson
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et il vient de la Réunion, que c’en est tout un symbole, le nom de l’île itou ,enfin c’est proche du rugby, quoi ! Allez, ma foi, on a fait une parenthèse, bien brève dans la trame tragique de l’histoire. Ah si ces parenthèses pouvaient se prolonger infiniment ! Et dire qu’on voulait parler de Rilke, de Soljenitsyne, de la vie en vert et de la matérielle harmonie du monde ! Une autre fois ? Qui sait ? En attendant, portez-vous bien. Quand même.
 
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L’âne | RASTA QUI COURT ET RASTAQUOUÈRE

 

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Vous ne pouvez pas y échapper, même si vous êtes perdu vers Kandahar, à guetter le désert des tartares la trouille au ventre. Vous avez vu ou su ou entendu parler qu’un jeune jamaïcain était devenu le roi des hommes volants dans le fameux nid d’oiseau chinois ! Il a gagné avec une décourageante facilité les deux courses où il faut courir plus vite que ses ombres, le 100 et le 200 mètres plat ( oui, parce qu’il peut y en avoir en côte, en descente ou avec des obstacles ; Tiens relisez Jarry et Ballard, sur la crucifixion de Jésus et l’assassinat de Kennedy ; et si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez, jetez un rondin à l’eau, je le récupérerai bien dans ma toile !). Il a à peine 22 ans et a gagné  en marchant et dansant ou presque, et en se frappant le cœur avec une pensée pour la nation rasta, et peut-être, qui sait ? pour son dieu déchu, le grand Bob Marley !
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Les autres ? Ils couraient une autre course, ou même ils se sont arrêtés de courir pour voir voler le divin enfant !

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Et les Américains, eux qui ont l’habitude de tout gagner sur ces courses, ils ont été tellement décontenancés que dans les relais, vous savez, ces courses solidaires où on doit de passer un bâton qu’ on appelle le témoin, eh bien, comme dans les films de Série B sur la mafia, ils l’ont perdu, le témoin, les hommes et les femmes des grands Etats-Unis d’Amérique, écrasés, enrhumés par quelques coureurs et coureuses venus d’une petite île voisine peuplée de même pas 3 millions d’habitants, la Jamaïque ! Bush, il a déclaré la guerre à d’autres pour moins que ça, cet affront à la grande Amérique !

Et alors, comme après le jeune Usain – et Libé, toujours à l’affût du bon titre, a trouvé l’idoine, «  le roi Usain », bien sûr !-, trois superbes jeunes gazelles rastas ont gagné le 100 mètres féminin, puis ont récidivé sur le 200 mètres, alors là les soupçons se sont déversés sur ces jeunes coursiers, sûrement dopés et tout et tout ! Pensez ; des jamaïcains, venus d’un pays où on naît quasiment un joint dans la bouche !

Qui sait ? Peut-être oui, peut-être non. Même le président du CIO, ce club privé où les bonnes manières et l’art de bien se tenir à table font office de philosophie, a jugé que le jeune Usain, il en faisait trop, il manquait de respect aux autres concurrents, à la course, aux Jeux, à tout le monde quoi ! Tiens, ça me rappelle un peu, même si les choses ne sont pas égales par ailleurs, tous les tombereaux de purin qu’on a déversé sur John Carlos et Tommie Smith, quand ils avaient gagné le 200 mètres, à Mexico je crois, et que pendant l’hymne américain, ils avaient levé un poing ganté de noir et baissé la tête !
 
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Et ils l’ont payé, après, ce geste de vainqueur. Bon, Usain, lui, il ne paiera pas, parce qu’en Jamaïque, ça y est, il est un dieu vivant, le fils du grand Bob, et une nouvelle légende rasta.

Et le seul – mais à ma connaissance, bien faible…- qui a donné une lecture critique de la chose, une analyse qui explique combien il est logique que les Jamaïcains gagnent ces courses, c’est l’ancien Directeur de l’athlétisme français, qui, je crois est un amateur de rugby plutôt proche – ou du moins il l’a été…- des idéaux communistes ; il s’agit de Jean Poczobut dont on peut lire l’ardente chronique dans notre cher Sud Ouest pendant ces JO ! Bon, on ne va  y revenir, lisez votre SO, vous le savez, c’est notre prière matutinale !  Et pourquoi choisir de s’appesantir sur justement tout ce qui n’est que légèreté ? Parce que si nous sommes dans l’ère du soupçon, pourquoi la Jamaïque et pas la Chine ? Le président du CIO, je ne l’ai pas entendu dire que l’attitude des gérontocrates chinois manquaient de respect envers le Tibet, non ? Et si malgré tout, ces rastas qui courent, ils étaient chargés comme des mules ? Eh bien, ça prouverait une chose : que le sport de haut niveau, presque partout, n’a plus rien à voir avec la santé, la vertu et la gratuité ! Mais de cela, qui en doutait encore ? Allez, il fallait bien quand même en parler de ces JO ! Et promis, on en reparlera ! En attendant, et avant de reprendre le dur labeur quotidien, alors que l’été va vers sa fin, portez-vous bien. Quand même.

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