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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

LE SENTIER DE L’ÂNE
Comme un journal extime, où l’on écrira, en toute immodestie, ses appréhensions du monde, où on essaiera de faire partager les passions fixes, comme celle de la poésie, en toute fraternité

L’ÂNE | L’ennui

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Je ne m’ennuie jamais.


Enfin, je crois. Jusqu’à maintenant. Mais on n’est pas à l’abri. Surtout avec la retraite, comme on dit. Bah, la retraite ! ça n’a aucun sens, le mot. La chose, un petit peu. Je pense toujours à Bunuel, l’immense Luis, qui, à la fin de sa vie, ne tournait plus, faisait la grasse matinée, traînassait le matin et laissait passer le temps jusqu’à l’apéritif de midi puis la sieste, puis un peu de temps jusqu’ à l’apéro du soir, tapas, repas qui traîne, on dort et ainsi de suite jusqu’à la fin. Bunuel ! Celui qui a tourné La Voie lactée, Le Charme Discret De La Bourgeoisie, Le Fantôme De La Liberté, pour ne parler que de ces trois chefs d’œuvre. Alors si lui s’ennuie, pourquoi pas nous ?



Mais non. Parce que pour le moment, le temps est bien chargé. Tous les jours il y a quelque chose à faire, et surtout tous les jours il y a un combat à mener,




une crasse à nettoyer – ou au moins, à montrer- une fumisterie politicienne à moquer et démonter, un ahurissement à raconter. La Renarde Argentée et son compère austère  à nom d’étoile filante et leur «  croissance négative » : c’est-y- pas beau ça, comme foutaise ? Et le pire, c’est qu’il s’en trouve et des qu’on croit intelligents et tout et tout pour applaudir des deux mains à cet oxymore calamiteux inventé par ces deux océans jumeaux de la pensée économique. Et le Pancrate à l’ONU, et pas au Congo, quand même, faut pas exagérer ! Et le reste à l’avenant. C’est simple, on devrait rester enchaîné à sa toile de rondins et la dérouler sans cesse y gravant des grignotis sans fin comme ces scribes du Moyen âge nés, élevés et morts dans des abbayes lugubres où ils s’usaient les yeux nuit et jour à graver, regraver enluminures et manuscrits qui font aujourd’hui le miel des bibliothécaires et des marchands, et Le Nom De La Rose donne une assez bonne idée de ça, et on pardonne beaucoup à Annaud ( et bien sûr à Eco, à qui on n’a rien à pardonner, d’ailleurs) puisqu’il a fait  ce film.

Mais l’ennui. Il est sournois, l’ennui. On en fait des films étonnants,



et des tableaux magnifiques,


qui le suent, l’ennui,



mais que l’on voudrait partager, cet ennui. Puis, on le vit, souvent seul, l’ennui.



Et par exemple ce soir, l’âne aiguise ses plumes d’oies et son trépied à daguerréotypes parce qu’il va aller visiter des anciens combattants en bout de course, et des comédiens amateurs qui vont sur des tréteaux de fortune donner une représentation qu’ils appellent artistique et théâtrale. Et là, oui, c’est l’ennui. Parce qu’il y a toujours mieux à faire, un livre à lire,



tiens par exemple les Nouvelles complètes de Jim Balard, avec qui j’ai appris à écrire de la science-fiction, et qui viennent d’être publiées chez Tristram, grand petit éditeur. Ou regarder un film sur les chaînes cinéma, et ce n’est pas ce qui manque. Ou voir , allez, tout de même, l’équipe de rugby de Perpignan affronter dans un combat douteux celle de Biarritz,  Catalogne du peuple contre Côte basque bourgeoise, ça vaudra son pesant d’épopée. Mais non, ce soir on fait le boulot, l’échine chargée du petit baluchon du petit correspondancier, trognes rouges devant le petit oiseau qui va sortir, canards sauvages qui sont tout sauf harmonieux, blagues de comptoir après le dernier pastis . Tu craches dans la soupe, bourricot ? Mais non, mais non, c’est souvent – presque toujours- passionnant, d’aller à la rencontre, de photographier, et surtout d’écouter, puis d’écrire, écrire, ça, surtout, avant tout, devant tout, écrire. Mais il y a des soirs, d’anciens combattants qui furent héroïques mais sont bien fatigués et de mauvais comédiens aveuglés, où on se dit qu’on devrait casser l’appareil et ne pas remettre d’encre dans le stylo. Ça ne dure pas, parce qu’il y a toujours une pépite à trouver. C’est encore Bunuel qui le disait ( enfin, j’aime croire que c’est de lui) : même dans le plus mauvais des navets, il y a toujours au moins trente secondes géniales. Ce sont ces trente secondes que je vais aller chercher, ce soir. Tant pis pour le film, pour Ballard, pour l’USAP ( mais je m’en fous, l’Aviron Bayonnais a gagné !), pour les poèmes que j’aurais peut-être écrits et camouflés : ce soir, je marronne, aux anciens combattants et aux comédiens de village ; et vous allez voir, que si en plus la Madone règne à Reims, je vais m’en trouver bien. C’est toute une philosophie. Pas celle du rond point, non, mais toute une philosophie de l’ennui ( lisez ce petit livre !)



Alors, j’y vais guilleret, finalement. Et vous ? Quoique vous fassiez ce soir, ennui ou pas, attention à la terrible maréchaussée, aux prétoriens au ministre boute-feu, et portez-vous bien. Quand même.

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L’ÂNE | Sémiologie du rond-point

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Il faut reconnaître que c’est exaspérant, tous ces ronds-points.


Ce n’est plus une toile de rondins, mais une toile de ronds-points ( d’ailleurs, cela prend-il un « s » au pluriel ? Et où ? A « rond » ? Et à « point » ?) Et puis, l’entoileur, là, il n’y va pas de main morte, sur les marges de sa TDR, il propose une sorte de questionnaire dans le genre GIFI ou L’île de la tentation, « le meilleur blog à jamais », «  ma grand-mère fait mieux », et tout le cetera. Narcissique puérilité, béate satisfaction, fatuité superficielle  de ces temps sortis de leurs gonds, comme aurait pu dire – vanitas !- le grand Will. Ça a le don de faire entrer DEB dans une de ses légendaires colères jupitériennes ça n’attire pas beaucoup de commentaires, et pourtant, de ci de là, on y va, dérouler un peu sa toile, à l’entoileur de rond(s)-point(s). Quand le rond-point, on le connaît un peu, par exemple, ceux qui parsèment les sentiers de Catalogne Nord aussi sûrement que le faisaient jadis les relais de diligence.


Bon. On ne sait pas si ça fait du bien, mais ça ne fait pas de mal, tous ces rond(s)-point(s). Quoique. Voilà-t-il pas que l’on en découvre deux de ces rond(s)-point(s), que l’on connaît bien, l’un que l’on a même gravé sur sa propre TDR, parce qu’on y passe et repasse, et que c’est le fameux et inconnu monument au meilleur ministre de l’histoire, le ministre mort pauvre, on ne le dira pas assez, et si vous voulez savoir pourquoi, pour ceux qui suivent le sentier par intermittence, cherchez sur les anciens grignotis, dans ce qu’on appelle les archives, il y a bien une « catégorie » qui s’appelle «  au ministre mort pauvre », et vous verrez. Brousse. Emmanuel Brousse, il s’appelait. Et il faudrait se lever chaque matin en faisant ses oraisons à sa mémoire, ce saint laïc, ou cet imbécile heureux, c’est à peu près la même chose.
Mais les rond(s)-point(s). Le premier, donc, à Mont-Louis, forteresse vaubanesque classée depuis peu au patrimoine de l’Unesco. Et l’autre, dans un (petit) village qui est un peu comme une porte entre les Fenouillèdes et la Catalogne, comme une sorte de porte de l’Agly.

Il a un nom de grand vent et de grand souffle, ce village. Et l’âne le connaît bien ( trop bien ?). Alors ? Alors, on s’interroge encore : pourquoi ? Si rien n’est insignifiant, où est le sens ? Si tout a un écho au-delà des choses, vous savez, du côté de ces choses qui sont derrière les choses, comme le disait le peintre dans Quai des brumes, quel écho ? Pour synthétiser et problématiser, comme disent les scoliastes, y a-t-il une sémiologie du rond-point ? Une sémantique ? Une sémiotique ? Et même y a-t-il une métaphysique du rond- point ( une ontologie, non, on n’ose pas…) ? Et laquelle ? Comment se lancer dans une telle étude, au demeurant passionnante ? Rappelez-vous, c’était dans les années septante et octante, quand tout était effervescent dans la pensée française. Un petit livre avait paru très discrètement, dans une belle collection qui s’appelait médiations, je ne sais plus chez qui, chez Denoël, je crois ( DEB ?). Et ce livre était écrit par un …savant ?, un dénommé Abraham Moles, et il s’appelait, le live, Micropsychologie de la vie quotidienne, je l’avais lu, relu, dévoré, et comme dans ces temps bénis, je ne reculais devant aucune audace, je l’avais même proposé à la critique des jeunes gens ( des excellenciers ?) à qui je dispensais alors le savoir officiel de la république des hussards noirs ( mais oui, mais oui, le bourricot était barbacole, en auriez-vous douté ?) . Nous avions étudié et débattu pendant deux ou trois heures sur les processus micropsychologiques qu’engendre la tentation de prendre ou non son parapluie, d’acheter ou non un bouquet de fleurs, d’attendre ou non à un arrêt de bus ou à un autre arrêt. Ce furent de grands moments, avant que les mammouths déferlent sur la forteresse de l’Instruction publique et n’y laissent que ruines et désolations…Et ce livre en engendra d’autres, peut-être plus insolents, plus irrévérencieux, comme le célèbre et méconnu Sémiologie du parapluie de l’excellent Dominique Noguez, par exemple. Et donc l’on se questionne, sur la problématique ( je l’ai dit !) du rond-point : comment le passer, comment y tourner, comment le traverser, y séjourner ou non, métaphoriser le temps des grandes migrations et le temps lent des agriculteurs de naguère, la civilisation de la voiture et de la route, et tout le cetera, c’est presque sans fin. 

Donc, pas si insignifiant que ça, le rond-point.


Sauf qu’à empiler les daguerréotypes, comme ça, les uns après les autres, sans ordre ( vraiment ?), on se demande, c’est là aussi très signifiant, l’accumulation insensée propre à ce capitalisme sans frein, qui connaît une chute ( sans fin, elle aussi), insatiable, oublieux, inhumain ( où sont les êtres, dans les rond(s)-point(s) ?). Vous voyez, on peut dégoiser ad libitum. Mais comme il faut suspendre la logorrhée, l’âne se permet, indécrottable écolâtre, incorrigible fouette-cul, de plastronner et qu’à rond point, rond-point et demi, et que dans le village d’Espira,


puisqu’il a eu l’honneur d’être gravé sur la TDR à Rond-point, il y en a un autre, de rond-point, qui est plus qu’un rond-point, qui est un passage, comme dans ces films d’aventures où, franchi le passage, on découvre un autre monde, ou bien comme dans ces films d’indiens, avec défilés, ou labyrinthes, comme, j’y pense, dans ce film sublime de Brooks, avec Cardinale presque muette ( dommage, sa raucité fait partie de son pouvoir atomique !) et Lancaster, Marvin, Ryan et Woody Strode sans oublier Palance, Les professionnels, qui peut faire et dire mieux ? , et tu t’y révèles à toi-même, et à tes frères, dans cette suspension de l’espace et du temps, c’est ce qu’est un peu un rond-point. Tu penses aussi à Tati, et à son gigantesque embouteillage dans ce rond-point où on y fait ce qu’on y fait, dans un rond-point, on tourne. C’est sans fin, comme dans un rond-point. Et pourquoi tu penses aussi à Voltaire, à son Dictionnaire Philosophique, à son article Blé en particulier ? Parce que le blé et le rond-point, ils ont au moins un point commun : ils ont en eux toute l’histoire de l’humanité. Sans compter que dans ce rond-point, qu’on grave et regrave sur ce grignotis,


il y a toute la Catalogne , la vigne, la pierre, la tonnelle,  la garrigue, l’herbe épineuse, l’ortie  et le casot, et au fond la Tour, la Tour del Far, la Tour de Tautavel, là où a vécu le plus vieil européen du temps, là où a commencé notre (pré)histoire. Alors ? Les rond(s)-point(s) ? Ce n’est pas aussi simple, banal et affligeant qu’un diaporama insensé  d’un monomaniaque du tourniquet, non ! Alors, sur les sentiers ou dans les rond(s)-point(s), l’esprit clair et l’œil ouvert, portez-vous bien. Quand même.
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L’ÂNE | C’est de l’humour ?

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Vous commencez tranquillement votre prière matinale par les gestes les plus simples, et vous ouvrez le journal d’ici. Il y a une liturgie : comme le journal comporte deux cahiers, vous regardez les deux unes, puis vous choisissez lequel des cahiers vous allez ouvrir. Ensuite, vous allez aux pages consacrées aux villages, et là aussi vous cherchez votre village. Si vous le trouvez, vous lisez, pensif, dubitatif, interrogatif, spéculatif. Puis vous allez aux pages de politique générale, la grande politique, celle qu’un Maurice Clavel inspiré, juste après 68, résumait de deux mots, dont l’un, heureusement, a un peu perdu non pas de son sens, mais de sa prégnance ( quoique…) : «  goulag et magouille », vitupérait le grand tribun myope, christique et gauchiste, avant que son grand cœur ne le lâche.
Et vous tombez sur des nouvelles qui vous font braire de rage et de rire à la fois. Vous pensez à la phrase d’Audiard sur les cons, mais vous ne la répétez pas, parce que DEB va vous tomber sur l’échine, mais vous n’en pensez pas moins, sur l’inatteignable ( pourquoi ce mot à la mode, alors qu’on a « inaccessible » ? Eh bien, justement, pour montrer que même un âne sait être à la mode !), l’éternelle, la souveraine bêtise de la droite ( non que les gens de droite soient tous de redoutables imbéciles : non, il en est même de redoutablement intelligents dans ce qu’on pourrait appeler le machiavélisme vénal, par exemple ! Je pense à cette bêtise inhérente au raisonnement  ( résonnement ?) politicien de cette droite qui en est resté à l’état d’esprit – si tant est que..- des émigrés de Coblence, ou comme le dit si bien Prospero / Dedalus dans son Petit Département Eclairé, les « incroyables et les merveilleuses » : ils ne veulent rien apprendre, rien considérer qu’eux-mêmes, leurs privilèges, leur petite vie de luxe et de frivolité et après eux le déluge – et on y est presque !- C’est un peu rapide, mais si j’arrive à mettre de l’ordre dans mes petites idées de bourricot, j’essaierai de développer, si jamais l’Esprit Saint descend sur mes longues oreilles et mon petit cerveau !)
Et ces nouvelles, elles se collisionnent dans un de ces hasards objectifs qui dévoilent la vérité comme elle devrait toujours être, nue ( et ma foi, qui n’éveille pas déjà un petit œil égrillard lorsqu’on évoque le nu devant lui ? Alors, tiens, pour le plaisir des yeux, un ou deux daguerréotypes,






pour émoustiller les regardeurs de toiles de rondins !). il se trouve un sous-ministre ( de droite) et un député ( de droite) pour avoir pensé( ?), dirigé, publié deux ouvrages intitulés à peu près  Le Livre noir des régions, et Le Livre Noir De la Gestion Des Villes Socialistes. Rien que ça ! On n’avait pas compris, mais eux deux, ces Océans de la pensée, ces Everest de la politique, ces Voies lactées de la République, ils ont trouvé la Vérité vraie : si notre douce France va si mal, et le monde avec, c’est parce que les régions, à un exception près ( la très jolie et très traditionnaliste Alsace) ont voté à gauche aux dernières régionales, et que quelques villes – et non des moindres : Paris, bien sûr, Lyon, Toulouse, Montpellier, Périgueux ( qui a recalé l’ineffable ministre de l’instruction publique)…- ont choisi des consuls en cap eux aussi à senestre ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Le Pancrate et toute l’Umpèterie vilainement empêchés de gouverner par des présidents et présidentes de région gauchistes, voire bolcheviks, et quelques maires et mairesses maoïstes ( Ah, Martine, en paysanne chinoise la faucille et le marteau dans les mains !)pour ne pas dire khmers rouges ! voilà d’ou vient la crise, le chômage, l’immigration sauvage, le tabac qui tue, les Taiseurs , inoffensives petites matraques qui font du bruit et de la lumière comme tous les jouets, et vilipendées à tort, la faillite des banques, la déconfiture de notre armée au lointain, et peut-être même la fraude aux chaussettes dans ma bonne et fidelissimma ville de Perpignan ! Il y a des moments, comme ça, dans l’histoire de la pensée, où on reste saisi devant le génie : l’invention de la roue, le Cogito, Einstein, et maintenant ces deux Livres Noirs. Quand on sait que le coordinateur du livre sur les villes socialistes a été battu dans sa bonne ville aux élections communales ( et battu est un euphémisme : il a pris une raclée) et qu’au soir des régionales il a eu cette phrase aussi impérissable que celle de Bonaparte aux Pyramides : «  quand on a vu que ceux qui ne se levaient pas pour aller travailler se levaient pour aller voter, on a compris que ces élections se passeraient mal pour nous ! », parlant des chômeurs, érémistes et autres habitants en déshérence des quartiers difficiles de sa ville, on se dit qu’on plâne ( oui, oui…) au dessus des miasmes morbides du combat quotidien pour le pain et le sel, et qu’on a affaire là à des gens qui sont de la tempe des Clisthène, Périclès, Octave Auguste, Thomas Jefferson ou Condorcet. Voilà onc pourquoi tout va mal : parce qu’il y a des régions et quelques villes à gauche dans notre douce France !  il fallait y penser, n’est-ce pas ? Osons, osons, continuons le feuilleton sans fin du foutage de gueule, et, osant ou pas, d’accord avec Audiard ou non, portez vous-bien. Quand même.
 
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L’ÂNE |Tu fumes quoi ?


 


Un ami…enfin, un ami d’enfance…,que je n’avais pas vu depuis vingt ou trente ans, est mort. Plutôt jeune, comme tant d’autres, puisqu’il n’avait pas soixante ans ( mais j’entends déjà les jeunes gens s’esclaffer : pas soixante ans ? Et combien ? Cinquante-neuf ? Et tu dis qu’il est jeune ? Tu te souviens, toi, qui contre vents et marées t’évertue à être passionné par la légende napoléonienne, noire ou dorée, voire rose, de ce que disait l’un de ses généraux, au «  Corse aux cheveux plats dont la France était belle au grand soleil de Messidor et qui était une cavale indomptable et rebelle sans freins d’acier ni rênes d’or » ( eh oui, on récitait ça, en quatrième ou en troisième, dans le pieux collège d’assomptionnistes où nous étudiâmes, et même que c’est d’Auguste Barbier, non ?), le général Lassalle, je crois, général des hussards – oui, les hussards, ceux qui se battaient en duel pour un oui ou pour un nom, et vous avez vu peut-être le plus beau film de Ridley Scott, Les duellistes, avec l’immense Harvey Keitel dans l’un des deux rôles…- qui proclamait qu’un «  hussard qui n’est pas mort avant trente ans est un jean-foutre », et lui, il est mort à peine un peu plus âgé, donc déjà un peu jean-foutre ? alors imagine, petit père, vous qui êtes dans la cinquantaine ou la soixantaine !). Enfin, il est mort, mon ami, d’excès probablement, et d’une vie de patachon, aussi, mais tout de même menée jusqu’à la soixantaine, cette patachonne d’existence. Et pourquoi j’en parle, de cet ami perdu deux fois ? Parce qu’il était le petit-fils de la buraliste du village quand fumer n’était ni péché mortel, ni crime organisé, ni génocide en milieu tempéré, et qu’il volait pour nous, la petite bande des jeudis après-midi, des clopes qu’on allait fumer dans les bois entourant le village, sans jamais – comme quoi, il y a des anges gardiens pour les sales petits garnements…- mettre le feu à ces bois, qui depuis, alors que les fumeurs sont presque autant pourchassés que les talibans, flambent régulièrement ( curieux adverbe) tous les étés, quand revient – mais quitte-t-elle seulement un jour la Catalogne ? - la canicule. Les jours ordinaires, il piquait des P4, ces cigarettes à soldat, par paquets de 4, qu’on fumait comme des locomotives, sans avaler la fumée, parce que ça, c’était bon pour les grands, et que là, nous, on était en sixième ou en cinquième, et pas vraiment grands, pour le coup, sauf lui, l‘ami mort, Bernard, il s’appelait, qui avalait, parce que lui, il faisait des heures sups clandestines, chez lui, enfant-roi avant l’heure entre sa mère et sa grand-mère, tandis que son père – atavisme ?- faisait la java tout seul dan la ville des fauves, Collioure la reine de la côte vermeille.
Et les jours extraordinaires, il piquait des YASET !


Je ne sais pas si ça existe encore, c’était des cigarettes turques, et j’ai arrêté de fumer avant d’avoir commencé, c’est à dire en cinquième ou en quatrième, pour mille raisons, et la première sûrement, c’est que ça ne me plaisait pas, voilà tout ! On les trouvait bonnes, ces cigarettes, le paquet y passait, on était quatre ou cinq, l’ami mort, mes cousins, deux ou trois autres, assis ou allongés sur l’herbe jaune de la colline boisée, cigarettes, allumettes, mégots balancés n’importe où, et jamais le feu ! et on ressentait comme une sorte de doux bien-être entre euphorie et somnolence…
Et peu à peu, le trafic s’est arrêté, parce que les études, les filles, les livres, le travail…, et on s’est perdu de vue.
Puis, après 68, longtemps après, je suis devenu un lecteur assidu, un abonné, un fanatique d’une revue dont j’ai TOUS les numéros, la revue de Bizot,


mort lui aussi, ACTUEL !

Et dans ce formidable pot-pourri d’inventions qu’était ACTUEL ( il y avait une rubrique, notamment, Global Village News, qui valait son pesant de cacahuètes, même au prix où ces arachides sont aujourd’hui ), tout le monde, ou presque, s’exprimait, et entre autres un doux illuminé qui signait Rocking Yaset, parce qu’il fumait des YASET, et qu’il révélait ce que nous, petits jeunes lurons bravant le petit interdit, nous ignorions totalement, c’est que dans ces Yaset, au milieu de la clope, il y avait un petit rail de haschich ! Et voilà ! Le hasch en vente libre dans la France gaullienne, et les scouts cathos que nous étions fumaient tranquillement l’herbe au milieu des bois. Dans l’innocence la plus totale. D’où cet étrange sentiment de doux bien-être ! Et le Rocking Yaset, je l’ai retrouvé, un coup de Gougueule, et ça repart, il est – bien sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé plutôt ?- sur Myspace, et il est resté Rocking Yaset, actuellien, post-soixante-huitard, narcissique et rigolo !
Et mon ami mort, il a fait revivre tout ça d’un coup, ce matin ! Allez, ce n’est pas de l’angotisme – du moins, je l’espère…- ni du sous-Rochambeau, qui n’a besoin d’aucun épigone. Mais encore un moment de grostalgie…en attendant le retour de la crise, des chaussettes, du pancrate et de toute la voyouterie de ce temps suspendu ! Alors, une pensée à l’ami perdu, quand nous fumions ensemble des cigarettes turques volées, et, vous, que vous fumiez ou pas, et quelle que soit la fumée,  portez-vous bien. Quand même.
 
 

L’âne | RASTA QUI COURT ET RASTAQUOUÈRE

 

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Vous ne pouvez pas y échapper, même si vous êtes perdu vers Kandahar, à guetter le désert des tartares la trouille au ventre. Vous avez vu ou su ou entendu parler qu’un jeune jamaïcain était devenu le roi des hommes volants dans le fameux nid d’oiseau chinois ! Il a gagné avec une décourageante facilité les deux courses où il faut courir plus vite que ses ombres, le 100 et le 200 mètres plat ( oui, parce qu’il peut y en avoir en côte, en descente ou avec des obstacles ; Tiens relisez Jarry et Ballard, sur la crucifixion de Jésus et l’assassinat de Kennedy ; et si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez, jetez un rondin à l’eau, je le récupérerai bien dans ma toile !). Il a à peine 22 ans et a gagné  en marchant et dansant ou presque, et en se frappant le cœur avec une pensée pour la nation rasta, et peut-être, qui sait ? pour son dieu déchu, le grand Bob Marley !
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Les autres ? Ils couraient une autre course, ou même ils se sont arrêtés de courir pour voir voler le divin enfant !

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Et les Américains, eux qui ont l’habitude de tout gagner sur ces courses, ils ont été tellement décontenancés que dans les relais, vous savez, ces courses solidaires où on doit de passer un bâton qu’ on appelle le témoin, eh bien, comme dans les films de Série B sur la mafia, ils l’ont perdu, le témoin, les hommes et les femmes des grands Etats-Unis d’Amérique, écrasés, enrhumés par quelques coureurs et coureuses venus d’une petite île voisine peuplée de même pas 3 millions d’habitants, la Jamaïque ! Bush, il a déclaré la guerre à d’autres pour moins que ça, cet affront à la grande Amérique !

Et alors, comme après le jeune Usain – et Libé, toujours à l’affût du bon titre, a trouvé l’idoine, «  le roi Usain », bien sûr !-, trois superbes jeunes gazelles rastas ont gagné le 100 mètres féminin, puis ont récidivé sur le 200 mètres, alors là les soupçons se sont déversés sur ces jeunes coursiers, sûrement dopés et tout et tout ! Pensez ; des jamaïcains, venus d’un pays où on naît quasiment un joint dans la bouche !

Qui sait ? Peut-être oui, peut-être non. Même le président du CIO, ce club privé où les bonnes manières et l’art de bien se tenir à table font office de philosophie, a jugé que le jeune Usain, il en faisait trop, il manquait de respect aux autres concurrents, à la course, aux Jeux, à tout le monde quoi ! Tiens, ça me rappelle un peu, même si les choses ne sont pas égales par ailleurs, tous les tombereaux de purin qu’on a déversé sur John Carlos et Tommie Smith, quand ils avaient gagné le 200 mètres, à Mexico je crois, et que pendant l’hymne américain, ils avaient levé un poing ganté de noir et baissé la tête !
 
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Et ils l’ont payé, après, ce geste de vainqueur. Bon, Usain, lui, il ne paiera pas, parce qu’en Jamaïque, ça y est, il est un dieu vivant, le fils du grand Bob, et une nouvelle légende rasta.

Et le seul – mais à ma connaissance, bien faible…- qui a donné une lecture critique de la chose, une analyse qui explique combien il est logique que les Jamaïcains gagnent ces courses, c’est l’ancien Directeur de l’athlétisme français, qui, je crois est un amateur de rugby plutôt proche – ou du moins il l’a été…- des idéaux communistes ; il s’agit de Jean Poczobut dont on peut lire l’ardente chronique dans notre cher Sud Ouest pendant ces JO ! Bon, on ne va  y revenir, lisez votre SO, vous le savez, c’est notre prière matutinale !  Et pourquoi choisir de s’appesantir sur justement tout ce qui n’est que légèreté ? Parce que si nous sommes dans l’ère du soupçon, pourquoi la Jamaïque et pas la Chine ? Le président du CIO, je ne l’ai pas entendu dire que l’attitude des gérontocrates chinois manquaient de respect envers le Tibet, non ? Et si malgré tout, ces rastas qui courent, ils étaient chargés comme des mules ? Eh bien, ça prouverait une chose : que le sport de haut niveau, presque partout, n’a plus rien à voir avec la santé, la vertu et la gratuité ! Mais de cela, qui en doutait encore ? Allez, il fallait bien quand même en parler de ces JO ! Et promis, on en reparlera ! En attendant, et avant de reprendre le dur labeur quotidien, alors que l’été va vers sa fin, portez-vous bien. Quand même.

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L’âne | LUPINS, VIPÈRES (LUBRIQUES ?) , COSAQUES ET SARCOPHAGES

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Voilà, la fête au village, c’était hier, et c’est fini, et quand on sera remis de la festaille, peut-être on reviendra graver quelques grignotis sur la toile de rondins. Mais aujourd’hui, et toujours dans ce temps suspendu de l’été – et en plus, on sort du 15 août et on entre dans le samedimanche ! ( Oui, on le sait, ce n’est pas vacances pour tout le monde, et même pour beaucoup, si le mot a un sens, c’est celui du vide de l’existence simplement rempli par l’esclavage plus ou moins salarié, comme pour une grande part du peuple chinois – et donc une grande part de l’humanité !)-, quelques impressions au soleil levant, en pot pourri, même si DEB va me frictionner les oreilles- « un thème, bourricot, et un seul ! ».

D’abord, voilà les lupins qui abondent sur les routes de Cerdagne,
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et de toutes les couleurs, magnifiques, presque éternels ( mais non ! mais non !), et qui y rendent le séjour encore plus en dehors du temps. Mais on dit – et c’est un homme de bonne volonté qui me l’a confié, avec tant d’autres choses dont je lui suis redevable, et un jour je reviendrai sur cette toile de rondins, pour tresser ses louanges, à lui, et rien qu’à lui : il était boulanger, homme de cœur, de trop de cœur, bricoleur de génie, et dépositaire de toute la sagesse des anciens, il s’appelait Roger, et il se repose, obligatoirement, à la droite de la Providence…- que ces beaux lupins-là, ce sont les abris les plus accueillants des vipères qui trouvent de quoi se repaître sur les hauteurs cerdanes, et qui rendent, parfois, ces sentiers hasardeux.

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Et ces vipères, dans le langage stalino-maoïste d’autrefois, elles étaient souvent lubriques, et représentaient les vilains capitalistes, plutôt américains ; et aujourd’hui, où elles sont, ces vipères lubriques ? Toujours aux Etats-Unis ? Ou, aussi, du côté du Tibet, du Sin Xiang ou, et là, en véritables nœuds gordiens, du côté de l’Ossétie, déguisées en cosaques avinés, pillards et barbares ? Il faut aller sur la toile de rondins du camarade Patrick Pike et lire ce qu’il en dit, et et lire aussi ce qu’il raconte d’Hypatie, avec ce superbe tableau préraphaélite d’un certain Charles William Mitchell, et on ne résiste pas au plaisir un peu sadique de graver un autre grignotis de cette pauvre Hypatie,

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mathématicienne philosophe lapidée par des moines chrétiens ( mais oui, mais oui !). Les Cosaques de nos cauchemars en bandes dessinées sont de retour, et pillent la Géorgie, commandés par des officiers brutaux, arrogants  et bien arrosés( pléonasme), et dirigés par un ancien espion tchékiste à la triste figure dont le langage fleuri laisse rêveur, lui qui voulait déjà qu’on aille « éliminer les tchétchènes jusque dans les chiottes ! » Sûr qu’il faudra revenir à la charge, si on résiste à ces hordes sauvages !

Et puis, et enfin allez, un peu de réclame en forme d’hommage, ou l’inverse : il existe un petit ( ?) journal  plus ou moins bimestriel, pas très bien diffusé, plutôt austère dans sa mise en page, mais qui est une île aux trésors de la pensée : il s’intitule sobrement LE SARKOPHAGE,
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tire bien sûr sur le Pancrate, la Pancratie et toute l’umpèterie, mais élargit le propos, fait de la philo politique de mineur de fond, et ma foi c’est réjouissant, roboratif, et, oui, oui, exaltant. Alors, comme on ne sait pas comment les aider ou les encourager, avant de couler, on leur fait un petit signe de la main avec un drapeau rouge au bout, et on les salue, en indiquant leur repaire, à ces mécréants.


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Et pour aujourd’hui, allez, on va se laisser aller à son vieux vice impuni, le rugby et se vautrer devant l’écran magique pour regarder les antilopes sud-africaines s’affronter aux kiwis de Nouvelle Zélande ( tiens, lisez Cruelle Zélande, de Serguine : jubilation assurée !)

Et avec tout ça, en évitant morsures vipérines et sabres cosaques et entourloupes umpéteuses, portez-vous bien. Quand même.


 
 
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LE SYNDROME DE LA RENARDE ARGENTÉE


 
Bon, tout ça va passer pour de la forfanterie. Et encore, au mieux. De la vanité, sûrement. Mais, de toutes façons, c’est acquis, ça : vanité des vanités, et tout est vanité. On ne s’en lasse pas. Et en latin, tiens : vanitas vanitatum et ommnia vanitas. L’ecclesiaste, bien sûr. Et on tremble, car il est toujours si proche, le temps du jugement dernier. Non, en fait, il ne s’agit pas de ça. Et déjà que le Pancrate, il y va de ses dévotions, on ne va pas se laisser aller de la sorte. Halte à la latranisation. Libre pensée for ever ! En d’autres temps, on allait au bûcher pour moins que ça. Michel Servet, sous Calvin, par exemple. Et Giordano Bruno, sous Clément VIII ( je crois, je m’embrouille peut-être un peu les chiffres romains, avec tous ces papes millésimés !). donc, vive la République ! Française, cela va de soi. Ou, qui sait ? Catalane, un jour – la verrons-nous ? Après tout, il y a bien le Kosovo et San Marin, sans compter ma très chère Andorre ( Tiens, quel est le statut exact de la principauté – oui, c’est une principauté, mais à part ça ?-, sinon d’être le royaume du tabac pas cher et l’empire de l’essence relativement bon marché ? Allez,  que celui ou celle qui n’est pas allé chercher de l’essence, du pastis et des clopes un jour d’hiver au Pas de la Casa nous jette la première pierre !)
Donc, revenons à notre incipit ( ah, je ne m’en lasse pas, de ce jargon de cuistre pédago qui a déferlé sur l’éducation nationale dans les années 80, et qui a remplacé la lecture des grands textes par l’annonage de ces âneries post-barthésiennes !). Je pense souvent – oui, hélas, c’est comme ça, mais j’y pense, point, et puis j’oublie…- à la Renarde Argentée, l’élégante personne qui , pour l‘instant encore, est la grande argentière de notre Nation. Elle n’est avare – c’est bien le moins – de déclarations ni d’inventions : elle restera dans l’histoire économique, tout de même, pour avoir forgé le concept de « véloconomie », qui mériterait d’amples traités et des expérimentations inaugurales. Mais aujourd’hui, ce qui m’interpelle, c’est un autre de ses inoubliables apophtegmes : «  le français pense trop ; il ferait mieux de travailler » ( en gros : je ne dispose pas encore des œuvres complètes de la grande Dame). Voilà, c’est exactement ça, on pense trop. On pense tout le temps. C’est ainsi. Et on pense tellement et tellement vite qu’on oublie, qu’on n’arrive pas à tout retenir, n’étant pas, comme l’incommensurable Alexandre Adler, hypermnésique. C’est même ce que dit Thierry Dussautoir, international de rugby et garçon sensé et instruit, ingénieur diplômé ( pourquoi ? Il y en a qui ne le sont pas de diplômés, d’ingénieur ?), qui dit qu’il pense tout le temps, et que cela même lui provoque des migraines. Et pourtant, le garçon, il bosse, et plutôt bien : regardez sa qualité de placage, sa couverture de terrain, son sens du placement, et tout le reste. Mais il pense, et donc, il est dangereux, pour la Renarde Argentée. Contre-productif, quoi ! Quand on le voit jouer, Thierry, et que c’est une vraie joie, on se dit qu’elle n’a pas forcément raison, notre chancelière de notre grand échiqiuer. Enfin, soit !
Eh bien, il m’arrive de penser que j’en suis atteint, de ce syndrome, et sûr que je ne suis pas le seul, oh non ! Il m’arrive de penser que je pense trop, et que cela m’empêche de faire le reste, écrire par exemple, lire sûrement, paresser ( ah, divine occupation !), jardiner, bricoler, boire une bière entre amis, randonner avec les grands et se promener avec les petites, etc.
Et surtout, comme ça se bouscule, après quand on veut mettre de l’ordre, sérier, développer, c’est confus, troué, lacunaire, et on est accablé. Parce qu’on en est sûr, l’idée qu’on a perdue, l’argument qu’on vient d’égarer, c’était l’idée du siècle, l’argument du millénaire. Alors, on se dit que peut-être elle a raison, la dame aux tailleurs chics. Et puis, non , quand même. Après tout, penser, c’est quand même mieux que se crever la paillasse au fond des mines de sel, non ?
Enfin, on dit ça comme ça. En restant méfiant. Et, même au fond de ces mines de sel, puissiez-vous vous porter bien ! Quand même.
 
 

20 février 2008 - 2 commentaires
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