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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

LE SENTIER DE L’ÂNE
Comme un journal extime, où l’on écrira, en toute immodestie, ses appréhensions du monde, où on essaiera de faire partager les passions fixes, comme celle de la poésie, en toute fraternité

L’ÂNE | Disent les imbéciles

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C’est le titre d’une oeuvre de Nathalie Sarraute,


qu’on a lu il y a longtemps déjà, dont on se souvient à peine, sinon cette petite musique obsédante, si reconnaissable, si lancinante, si unique. Elle est morte centenaire, Nathalie Sarraute,



et elle avait fait partie – enfin, on ne sait pas trop, on ne sait pas vraiment si elle l’avait voulu, ou quoi, il y a cette fameuse photo devant les éditions de Minuit,



ils y sont ( presque) tous, et presque tous morts aujourd’hui, devenus illisibles si tant est qu’ils ont été lu un jour, Robbe-Grillet, Butor, Pinget, Simon, elle, Sarraute, Lindon, qui encore ?- de ce qu’on appelait le Nouveau Roman, et on se souvient avec lostalgie de La Modification, des Gommes, de La Jalousie, de Tamerlan des Cœurs, enfin, tout ça en vrac, et si perdu aujourd’hui, et elle, Sarraute, l’inventrice de « l’ère du soupçon », lu et relu.

Et ce livre, donc, Disent les Imbéciles.




On a l’impression, non, plus que l’impression, la conviction que ces jours-ci, toute la politiquerie met en scène et en voix ce livre, «  disent les imbéciles ». et toujours à propos du Parti socialiste, et plus encore de la Madone. Qui, dans le microcosme, comme disait cet ancien premier ministre giscardien quand il était raisonnable, n’y est pas allé de son commentaire, de son analyse, de son envolée lyrique sur les déboires prétendus du parti Socialiste, et de son jet de bile sur la Madone, qui, souveraine, s’en moque, et ne sort pas son avocat à chaque vilaine saillie, parce qu’alors, le pauvre, il devrait habiter le Palais de justice, tant ils s’en donnent à cœur joie, si tant qu’il y ait du cœur là dedans ? A croire que toute l’umpèterie veut faire valoir ses brevets d’expert ou d’experte en parti socialiste. Le porte-voix jamais à court d’une bourricade, le sémillant Lefebvre, il est dans son rôle, et il ne déçoit jamais, toujours aussi horripilant. Le président umpéteur, pas le Pancrate, mais l’autre, celui qui traite de salope des dames qui ont osé briguer une députation contre un umpéteur, MAM, même, y est allée de ses commentaires, toujours aussi doctorale et pédagogue, très chic et tout et tout. Et pus les dernières, deux bonnes dames de l’umpèterie triomphante, une ministre censé s’occuper des sans-logis ( mais oui, mais oui, ça existe,  on n’est jamais à court d’une bonne blague, fusse-t-elle de l’humour le plus noir !)qui fustige la tenue des deux dames socialistes, qui desservent, à l’entendre, la cause des femmes. Donc, Madame Boutin, quasiment maoïste, ou sartrienne, disciple de Beauvoir, ah, que c’est beau, les miracles que peut faire la Madone, assistée en cela par la Dame des 35 heures. Et puis la meilleure, c’est la princesse des Balkans, vice-présidente d’un conseil général dans un département pas vraiment sinistré, et qui a osé – osons, osons !- dire que Ségolène, c’était du « copié-collé » de Le Pen. La Madone en ersatz du borgne bondissant ! Il fallait le faire. C’est de l’infamie ? A vous de juger ! moi, je relis le livre de Sarraute, Disent les imbéciles,




et je me dis que ma foi, ça court les rues, ces diseurs-là, chez les savants commentateurs droitiers des avanies du PS. Si tant est d’ailleurs qu’il y ait avanie. Après tout, on est en république, et même en démocratie. La liberté de débat, d’expression, et même d’invective témoigne de la bonne santé de cette république là. Pour le moment. Alors, vive le socialisme ! Vive la Madone ! Et laissons dire les imbéciles ! Et surtout, portez-vous bien. Quand même.

 

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L’ANE | Holà, Antonio !


  
Chose promise, chose due ! Hier, dans mon petit grignotis, j’ai dit que je parlerais de Machado,



( Machado par Picasso)


cet immense poète espagnol mort en France un 22 de février 1939, au début de ces années noires qui ont couvert l’Espagne jusqu’à la misérable fin d’un généralissime dans une clinique madrilène, maintenu en vie on ne sait trop comment pour faire perdurer un franquisme qui, dans les esprits, était mort depuis longtemps, même si sa police, elle, était bien vivante, et honneur à Puig-Antich, anarchiste catalan, l’un des derniers garrottés de la dictature, mort assassiné par les bourreaux  encasernés parce qu’il était anarchiste, c’est-à-dire parce qu’il pensait, sur cette bonne vieille terre, qu’aucun homme, en principe, n’est né pour commander aux autres !
Machado, il est mort et enterré à Collioure,



( la maison où il est mort, à Collioure)

la ville des fauves, la ville des peintres, la ville des merveilles, et il est mort l’Espagne au cœur, et il est mort en croyant, idéaliste naïf et tout et tout ( et là, les pléonasmes arrivent en masse, apportés par les hérauts de la fameuse « real-politik », ceux qui disent qu’il n’y a qu’une politique possible, que la croissance est au rendez-vous ( qui a la berlue ?), qu’il n’y avait aucun risque de récession, que la Chine après les JO s’ouvrirait à la démocratie, que la France gagnerait la coupe du monde de football  même sans Zidane, que le Tour de France serait gagné par un coureur propre, et que la corrida, n’en déplaise à quiconque, faisait partie du patrimoine culturel de l’humanité, au même titre que les forteresses de Mont-Louis ou de Villefranche de Conflent, en Catalogne Nord), que le socialisme était, à défaut de pouvoir être l’universelle panacée, la voie la moins mauvaise pour essayer d’enlever un peu de malheur au peuple. Et, dans cette guerre civile qui ravagea l’Espagne, il a vu mourir des enfants, bien sûr, parce qu’il est toujours plus facile de détruire un enfant qu’un char d’assaut, et il a écrit un de plus beaux poèmes que l’on puisse écrire  sur l’indicible, puisqu’il est impossible d’écrire sur le massacre des innocents.
Alors, c’est samedimanche, on se rue dans les stades, la cervoise à la main, et la pensée dans le cartable du lundi, mais tant pis, on recopie ce qu’il a écrit , Machado,


tant bien que mal, en français, donc en perdant la magie espagnole, un sonnet sur la tragédie, et quelques mots sur le socialisme ;
D’abord, le sonnet :
 
Une fois encore, dans la nuit…C’est le battement
De la fièvre aux tempes bandées
De l’enfant. Mère, l’oiseau jaune !
Les papillons noirs et violets !
 
-Dors, mon fils. Et la petite main serre
la mère, conte le lit. Oh ! fleur de feu !
qui pourra te glacer, fleur de sang, dis-moi ?
dans la pauvre chambre flotte une odeur de lavande ;
 
dehors la lune ventrue blanchit
coupoles et tours de la ville sombre.
Un avion invisible bourdonne.
 
-        Toi, douce fleur de mon sang ?
La vitre du balcon résonne .
- O froide, froide, froide, froide, froide !
 
et après ce sonnet, cette sorte de confidence :
«  Je vois clairement que le socialisme, en ce qui concerne une façon de vivre en commun basée sur le travail, dans l’égalité des moyens donnés à tous pour le réaliser et dans l’abolition des privilèges de classe, est une étape obligatoire sur le chemin de la justice ; je vois clairement que c’est là la grande expérience de nos jours à laquelle nous devons tous contribuer  »
 
Il ne parle pas de politique, mais de justice, Antonio . C’est la même chose ? Peut-être…Bon, et si on suspendait là, au midi de ce samedimanche ? Allez, méditez, promenez-vous dans les bois ou les forêts, ou, si vous êtes bénis par les dieux, sur les sentiers de Cerdagne ou des Fenouillèdes. Et portez-vous bien. Quand même.
 
 
 
 

L’âne | CHAUSSETTES PAR CI, CHAUSSETTES PAR LÀ

ane-et-couple.jpg Il y a encore des millions de choses à dire, comme s’il fallait sans fin dérouler la toile de rondins et ne jamais cesser d’y graver des choses, comme le dit - un peu –- René Girard ( ah, cuistre ! fieffé ( j’avais écrit « fiellé » : pourquoi pas ?) cuistre ! Tu recommences, encore et encore ! Oui, mais eux non plus, ils n’arrêtent pas, et les chaussettes,
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c’est en masse qu’elles s‘écrasent sur nous, si petites choses ( tiens, allez voir –- comme ça, en passant…- un site qui s’appelle à peu près « Désencyclopédie », et sur les chaussettes, sacré sabot, on dirait qu’il l’a construit pour nous, le site, et son histoire délirante, à la Jean-Claude Brisset ( et recuistrerie !) sur le Massachusetts
 
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( oui, l’Etat, et la chanson célèbre de qui, déjà ? des Bee Gees, non ? «  Here I’m going back to Massachussets…”, c’est à peu près ça, non?) ).
Mais on va couper la toile en tranches, et on va débiter les rondins en copeaux…
Parce qu’à nouveau, ça bruit ( ou ça bruisse,) dans la Fidelissima.

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On y parle d’un pont ( comme quoi, on a toujours besoin d’un petit pont chez soi, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir le Nervion et le pont Palacio -– ou pont de Viscaye !…-), et dans la solennelle assemblée des consuls de la ville, comme il y a ce qu’on appelle une majorité ( virtuelle ? électorale ? chaussetière ?) et une opposition ( réelle ? baillonnée ? muselée ? flouée ? roulée dans la farine ? et pieds nus ?), il y a débat sur ce pont, qui serait le quatrième dans la Fidelissima, à traverser la Têt,

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cette rivière qui traverse la ville, et la coupe, en gros, entre le Nord, en très gros très populaire, et le Sud, en moins gros un peu plus bourgeois.

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Et alors, qu’est-ce qu’il fait, le consul en cap, dans ce qu’on appelle l’assemblée communale : il coupe le son, il coupe le bruit, il l’a annoncé, il ne répondra plus, ni lui, ni son « équipe », à l’opposition, qui ,ici, s’appelle l’Alliance, justement parce qu’avant les élections, les gens de l’Alliance, ils n’étaient pas trop alliés. Donc, vive la Commune, vive la République, et vive la démocratie, où on instaure le dialogue de sourds, à défaut d’éliminer les bavards, ce qui serait plus pratique, mais, allons, on est en démocratie ! Voilà. Et une apostille à la note : il y a un consul qui parle en catalan -– c’est bien le moins !-  et à qui on coupe souvent le sifflet ; alors, il a parlé du Tibet, et là, on l’a écouté, même les sourds,  il a proposé qu’on hisse le drapeau du Tibet au fronton de la Maison Commune de la Fidelissima, et là le consul en Cap a retrouvé la parole pour s’esbaudir et trouver que l’idée était bonne, sauf son adjoint à la culture, parce que ça, tout de même, il y a des chinois, dans la Fidelissima, et que ça pourrait les froisser ( eux, les chinois, ils froissent du tibétain à la machine à trépasser, mais ça apparemment, ça ne froisse pas exagéréme,nt ledit édile !).
Donc, on aura floraison de drapeaux au fronton de l’hôtel de ville ( drôle d’appellation !), là où Maillol a offert l’une des ses plus belles femmes de pierre : le français, quand même, le catalan, malgré tout, l’européen, ah bon !, peut-^être le kosovar, on, sait jamais, et le tibétain . Et comme disait ( allez, pédantisons une fois de plus !) Feydeau ( à moins que ce ne soit Labiche, hein ?) «  embrassons-nous, Folleville » !
Et on laisse pour demain la folie umpéteuse, qui veut éradiquer, comme la mauvaise herbe ouvrière qu’elle est, la durée légale ( pauvre légalité !) du temps de travail.
Allez, il pleut, il pleut, c’est merveilleux, je t’aime ( c’est du Paul Géraldy, non ? j’apprenais ça par cœur dans mes vingt ans, pour les dire à ma Juliette, qui est toujours là ! ça a dû lui plaire !) et puisqu’il pleut, en Catalogne, les choses vont mieux, même si les chaussettes sont très mouillées et donc très lourdes. Alors, vous aussi, portez-vous bien. Quand même.
 
 
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TRAVAILLER MORT OU CHÔMER VIVANT


 


Nous avons tous en tête ( mais il faudrait le mettre ailleurs) le slogan qui a fait la fortune et l’élection du Pancrate et ses troupes, Homme de Sable en tête, « travailler plus pour gagner plus ». C’est à se taper le derrière dans le guano. Mais enfin… ça a marché, et nous sommes des républicains démocrates, et vive le suffrage universel, et donc, à défaut de s’y accoutumer, on se résigne – non, non, en fait, pas du tout résigné- , on en a pour cinq ans, l’Homme de sable partira bientôt faire des châteaux ( de sable) en Espagne, parce que vient toujours assez tôt le temps des remaniements, restera le Pancrate, et on verra avec qui, mais qu’est-ce que ça change, le slogan demeure, comme, vous vous souvenez, «  la France au fond des yeux », ou « la force tranquille », c’est fou ce qu’on marche à la rhétorique, c’est à n’y rien comprendre alors que les poètes, même les meilleurs, peut-être surtout les meilleurs, crèvent de faim, ou en tout cas ne roulent pas sur l’or, ce qu’ils bien sûr ne voudraient pour tout l’or du monde, on s’embrouille avec tout cet or.  Et donc travailler plus. Jusqu’où et jusqu’à quand ( oui, je sais, jusques à quand, Catilina, etc.), La Dame qui préside aux destinées  d’Ethic – c’est une officine patronale, avec un nom en forme de camouflage-  a suggéré timidiment, a susurré qu’on pouvait aller jusque, allez, soixante-dix ans. Et reculons l’âge de la retraite d’autant. Pourquoi pas ? Jusqu’à la mort, et même après. Dans quel film, ou quels films, de série B ou Z, bien sûr, on voit de très méchants patrons faire bosser des zombies ? C’est tout bénéfice : ils ne dorment pas, ne tombent pas malades – pardi, ils sont déjà morts- ne mangent pas beaucoup – sinon les vivants, qu’ils boulottent tout crus- sont inépuisables, infatigables, disciplinés, robustes et tout et tout. Et donc, c’est surtout ça qu’on voulait dire, ils peuvent travailler sur toutes les saletés imaginables, et même inimaginables, bouffer des pesticides, avaler des OGM, boire du désherbant, ils ne risquent rien, puisqu’ils sont déjà MORTS.Voilà, quoi ! Travailler mort.
Et chômer vivant. Parce que c’est un peu ça le paradoxe, dans ce bas monde : on recule l’âge de la retraite, et on met les gens au chômage de plus ne plus tôt : il y a là comme une subtilité qui échappe à mon petit cerveau de bourricot ! Comme une zone grise, où on n’est rien, ni travailleur vivant ni travailleur mort, donc chômeur vivant. On vit une époque formidable, où après l’inventeresse de la véloconomie, on a maintenant l’invention du travailleur ( en fait, ce n’est pas le mot adéquat) suspendu : trop vieux pour travailler, trop jeune pour retraiter, et donc là, dans cet intervalle, en point d’interrogation. Et dire que dans la comète de Mai 68, il s’est trouvé de gentils penseurs pour écrire un livre qui nous a longtemps fait rêver : travailler deux heures par jour. Mais c’était dans un autre monde. Allons, allons, il reviendra le temps des cerises, il suffit de le vouloir. Un peu. Et surtout être beaucoup à le vouloir un peu. Les hordes mongoles peuvent être repoussées.
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Mais pour cela, portez-vous bien. Quand même.
 
 
 

ZAMBEZE, ZIMBABWE, ZORROS, ZOZOS

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Bon, on ne vote pas tous les jours, en France, avec ou sans chaussettes, mais on vote régulièrement, et, si l’on excepte quelques zozos – il y en a – qui trafiquent en toute bonne foi les élections,, non pas qu’ils aient peur de les perdre, mais parce qu’ils ont surtout peur de ne pas être élus et donc de priver leur bon peuple de leur incommensurable génie aussi lumineux que le fut celui de Kim Il Sung, phare de la pensée, en Corée du Nord, et de son fils Kim Jong Il, petit tyranneau myope, cinéphile, misanthrope et aéroplanophobe. Moyennant quoi, les deux phares, enfin, le père, le phare, le fils, ce serait plutôt une loupiote, et encore, mais elle a fini de brûler tout ce qui restait à brûler en Corée, peuple compris, qui tant bien que mal, et plutôt beaucoup très mal, essaie de survivre, de ne pas mourir de faim, en se réfugiant en Chine par exemple, ce qui est un comble, quand on sait combien la Chine est une terre d’asile, il suffit de demander aux Tibétains. Donc, dans notre bonne république, les élections sont libres, démocratiques, pluralistes,…républicaines, quoi ! Alors, oui, on a élu le Pancrate, et dans la foulée, l’Homme de sable et ses petits grains durs et drus qui réforment comme on tempête, c’est bien le moins pour des grains de sable, mais s’il y a à dire, il n’y a rien à redire : tout était juste, clair, transparent, exemplaire. Rager que le Pancrate soit élu n’empêche pas d’être ravi que ce même Pancrate ait pu être élu. Vous me suivez ?
Tout ça pour parler du Zambèze, du Zimbabwe et des drôles de zorros qui sont plutôt de fichus zozos, qui règnent aujourd’hui dans ce qui est, malgré les hommes, un superbe pays.
Et la preuve, ce sont quelques photos glanées de ci de là et qu’on se fait une joie de graver sur la toile de rondins.

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Mais, dans ce magnifique pays, ce pays qui se nomme « la grande maison faite de pierres », il n’y a pas de maisons pour tous, et même pour certains, c’est presque inespéré de dormir dehors. Parce que pour beaucoup, il n’y a eu de salut que dans la fuite, l’exil loin de « la grande maison de pierres ». Oh, non, on ne parle pas des colons blancs qui avaient créé un pays encore plus détestable que l’Afrique du sud sous le régime de l’apartheid. Eux, ils sont presque tous partis, et ce n’est pas sûr que cela ait été un bien pour le Zimbabwe. Mais bon… Non, la tragédie du pays, c’est que son héros – et on a été nombreux, ici, à avoir eu la faiblesse de croire en lui, comme on a cru en Fidel, en Otelo, ou en Chavez aujourd’hui-, le Grand Bob, Mugabe, devenu chef, se comporte depuis en potentat ubuesque, caricatural, mais tragique, qu’il a ruiné un pays qu’on considérait comme la Suisse de l’Afrique – tiens, cette comparaison m’a toujours interloqué : dès qu’un pays semble être plutôt riche, plutôt confortable, agréable à vivre – mais pour qui ? pour les chômeurs ? les sans-papiers ? les séropositifs ? les détenus de Guantanamo ?- on dit que c’est la Suisse de quelque part. Eh bien la Suisse de l’Afrique australe en est devenue à peu près la Corée du Nord, avec une inflation à quelques dizaines de milliers pour cent, une insécurité que à côté les combats dans Stalingrad c’étaient des petits accrochages de cour de récréation, des milices prétoriennes aussi acharnées que des hyènes, aussi brutales qu’une déferlante de tigres borgnes et enragés, aussi voraces qu’un banc de piranhas, et aussi intelligentes qu’une escadrille de criquets décervelés. Ils sont noirs ? Pour la plupart, oui : et alors ? Ils seraient blancs – ça s’est vu !-, jaunes – ça se voit - rouges – eux, ils n’ont pas trop eu le temps, vu que les blancs…mais les Comanches, dans leur genre, ou les Aztèques, voire les Mayas, quand ils s’y mettaient…-, ça ne changerait rien à l’affaire : moi, là-dessus, je suis montagnard : «  tout homme porte en lui l’humaine condition ». Et aujourd’hui l’humaine condition, dans ce pays magnifique, avec cette cité unique qu’est le grand Zimbabwe, avec ce qui est peut-être le plus beau, ou en tout cas le plus impressionnant paysage d’eau au monde, avec les chutes du Zambèze, ce pays est dévasté, dépecé, et jeté aux chiens par un vieillard paranoïaque et ses sbires et sicaires.
Mais voilà,  miracle, ce vieillard a perdu les élections. Alors, il retarde les résultats, menace, tempête et propose in fine de les recommencer, les élections. Pourquoi ? Il faut être fou pour proposer une telle ineptie. Et finalement il l’est peut-être devenu, enfermé dans sa forteresse de commandement. Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument, c’est Malraux, non ? je crois. Alors, un peu d’espoir s’est quand même levé dans cette Afrique australe. Mais menacé, fragile, diaphane. Ce continent est-il condamné à jamais aux ténèbres ? On attend. Sans espérer, puisque l’espoir fait rire les fous. Mais l’Amérique du Sud marche bien vers la démocratie et des débuts de vie républicaine. Alors, pourquoi pas l’Afrique ? Et le Zimbabwe, qui redeviendrait alors cette Suisse australe, même s’il vaut mieux qu’il devienne simplement le Zimbabwe, une nation républicaine pour tous les zimbabwéens,  la grande maison pour tous, et un pays multicolore, comme tente de l’être au milieu de titanesques difficultés, sa grande voisine encore plus australe. Allez, on a fait un peu dans la géopolitique, aujourd’hui. Mais vraiment, on veille, dans l’inquiétude et tout de même un soupçon d’espérance ( même si…) Donc, que l’on soit austral ou boréal, Zimbabwéen ou Catalan, de l’Adour ou du Zambèze, portez-vous bien. Quand même.

LE DRAGON, L’ÂNE ET LES GOULES


  
C’est ce matin, en Catalogne. On part  qui sait où, au travail par exemple. Et on écoute la radio. Oh, non pas de la musique. Je crois que je l’ai déjà dit, et je me répète, c’est l’âge, ou le gâtisme, ou l’obsession, ou ce virus pédagogique qu’on vous inocule quand vous entrez dans l’éducation nationale, ou ce qu’il en reste : vous répétez, vous répétez, vous répétez !
Et donc, voilà, la musique que je préfère - et encore une fois, horresco referens, et révérence gardée à tous ces musiciens que j’adore, tous arts confondus, de Johnny à Cabrel, et de Jordi Savall à Amadeus, bien sûr-, eh bien et c’est le seul moment, la seule fois et la seule occasion où je me sens profondément chiraquien - quoique…-, c’est le silence.
Ou les paroles qui sortent du poste. Et pas de n’importe quel poste. Dussè-je être traité de cuistre, sinon de pédant et toutes autres horrifications par quiconque, moi, dans la voiture qui me conduit d’un endroit à un autre, il n’y a qu ’une fréquence – non, c’est faux, il y en a deux, sinon trois, mais toutes dans le même  giron-, c’est France-Culture. Bon, j’aime ça, presque jusqu’à l’onanisme ( normal, pour un âne). Et parfois, dans l’absconséité, je me roule avec délices, comme un imbécile heureux : je ne comprends pas tout, mais là, vraiment j’entends la musique des sphères. Donc, ce matin, vers 7 heures et quelques broquilles, chez Ali Badou, il y a Catherine Clément, qui tient une chronique venue d’ailleurs, et merveilleuse, la chronique, où elle parle, le plus souvent, de l’Orient qu’elle connaît bien, celui dont le centre de gravité est plus l’Inde que la Chine. Et ce matin, elle parlait du Bouthan, le pays du Dragon, qui découvre la démocratie, parce que son roi, qui est débonnaire, démocrate et républicain, l’a voulu. Elle évoque le Bouthan, Catherine, comme un petit paradis où les vallées fleuries voisinent avec les montagnes enneigées, où la bouse des yaks sert de combustible, où l’on fait de la soupe d’orchidées, et où le roi précédent a abdiqué à 52 ans, parce qu’il se jugeait inapte à travailler au bonheur de ceux qu il n’appelle pas ses sujets. Et c’est le seul pays au monde où l’on parle du ” bonheur individuel brut “( Catherine, si je me trompe, écris-moi, ou qu’un de tes amis t’interpelle : l’âne a dit une bêtise, il faut le corriger, vite !). Elle donne envie de vivre au Bouthan, Catherine. La bouse de yak, la soupe d’orchidées, la neige, les rivières, les vallées, et le sourire. Et juste à côté de ce gigantesque enfer qu’est devenue- a-t-elle un jour été autre chose ?- la Chine. Voilà, le petit âne y promènerait bien ses sabots, son ânesse et son troupeau, au Bouthan. Et se garderait bien de mettre les pieds dans l’Empire du milieu. Même s’il en rêve, de Tintin, de Tchang et du Tibet.
Et pendant ce temps, dans son pays, dans la bonne, grande et indivisible République, il y a des goules, ces animaux de la pire espèce qui vous sucent le sang, quand vous dormez, et qui se gavent de délits d’initiés, de contingents envoyés en Afghanistan, de chaussettes trouées ou non, et bourrées de bulletins de vote, et tout le reste à l’avenant. Tiens, demain, il faudra, encore et toujours, parler des retraites, des classes que l’on ferme, des professeurs que l’on ne remplace pas, du si fameux revenu de solidarité active qu’on a du mal à en voir la couleur, et que l’Homme de Sable veut effacer avant que ces couleurs, justement elles ne deviennent indélébiles, enfin de tout ce qui fâche, quoi ! et ça fera plus gros que L’Encyclopédie de notre si cher et si regretté Diderot. Allez, qu’est ce qu’il y a à la télé ? Même pas un bon film ? Par exemple, La Chair Et Le Sang, de Paul Verhoeven, ce qu’on a fait de mieux sur la Renaissance, et peut-être comme film historique tout court. Mais je m’égare encore, petit âne folâtrant et ruant à tout chardon. Donc, on lève le sabot, pour ce soir, et allez, très sincérement, on vous le brait ( ou braie?), portez-vous bien. Quand même.
 
 
 
 

STALINE, LITTRÉ, TÉLÉPHONE ET GROSSE FATIGUE


  
 Enfin. On vote. On va vers la fin de ces interminables et litaniques professions de foi ( qui est un non-problème, depuis les édits – non, ce n’est pas le mot, ni « bulle », ça, c’est pour le pape ; alors, quoi ? Comment on appelle les écrits canoniques d’un père abbé ou d’une mère abbesse à ses, à ses quoi, d’ailleurs ? Allez, qui veut gagner des chardons ? Réponses attendues !- de la mignonne mère supérieure qui dirige le Palais) qui peuplent le journal, comme escargots au jardin en temps de pluie – eux, par contre, et mille fois hélas ! se font rares, en ces bibliques temps de sécheresse-. Chaque jour apporte son lot, sa manne de déclarations, propositions, dénominations – et on se promet, quand tout cela sera passé, de  faire une sorte de litanie de tous ces noms de listes qui constituent un poème unanimiste et surréaliste à la fois -, photos des postulants, tous unis et souriants, avançant crânement vers le soleil levant, promettant un avenir à leurs futurs administrés, qui sera, n’en doutons pas une seule seconde plus qu’il n’en doutent eux-mêmes, radieux, forcément radieux – et pourquoi toujours ces mots évoquent pour mois ces paradis inversés de la feue URSS qui s’appelaient les goulags ? Ah, mauvais, esprit, tête d’âne, « cap de burro » !-.
     Et puis, à côté, ou derrière, il y a la cuisine, ou la cave, ou la fosse à purins. C’est à qui mieux mieux, et le vocabulaire stalinien retrouve un sacré – pardon !- coup de jeune, avec en figure de proue – audacieuse figure !- le si célèbre « apparatchik », qu’on remet opportunément à la mode, et vas- y que je te traite de, les umpéteurs en particulier, ou plutôt les vrais-faux umpéteurs, puisque des vrais, de ceux-ci, guère n’en restent heureux et fiers de l’être, comme nous le dîmes hier. Ainsi, se font traiter les postulants de gauche à la mairie de Toulouse, la ville rose, et donc, par un umpéteur qui ne l’est plus tout en l’étant, et qui y va de sa pythie en déclamant que si eux, les rouges, prenaient le Capitole, la ville connaîtrait alors un funeste déclin. On le sait bien, le Capitole est tout près de la roche tarpéïenne. Et ça continue, avec l’indémodable « socialo-communiste » ; on retrouve un peu du « marxisme », et même « stalinien » est réemployé. Mais surtout, ne pas s’aviser de renvoyer l’ascenseur : gare à la justice ! Un porte-parole de cette droite bien-pensante et bien-parlante ( décidément ?) apostrophant ses adversaires de « staliniens » vient, lui, d’assigner un blogueur le traitant d’ « apparatchik » : cela devient kafkaïen, ou lacanien.
     Alors, dans ce grand déferlement de discours tous terrains, la possession et l’usage du Littré en plusieurs volumes devient salutaire, pour comprendre ce que veulent dire tous ces noms d’oiseaux, « apparatchik », «  staliniens » ou autres « tocards » - et c’est curieux, c’est presque toujours la droite qui utilise ce vocabulaire : langue de bois ?- : au moins, elle aura servi à cela, la campagne, à redécouvrir les joies et les richesses du dictionnaire.
Et puis, il y a la pratique, étrange, du téléphone et de la procuration. Et là aussi, il semble que la droite soit la championne de la chose, en particulier dans notre si belle capitale et dans certains arrondissements où certains dinosaures de la constellation droitière– quoique de jeunes fauves et fauvesses pleins de fureur soient sur leurs traces- s’en donnent à cœur joie, et ils ont un cœur gros comme ça, en l’occurrence. On se munit de la liste de tous les électeurs – vrais ou faux – du quartier ou de la cité, et on les appelle, ou on va les voir, on les appelle plutôt, et n’oubliez pas de venir voter, et vous me connaissez, je suis votre maire depuis 200 ans, et regardez tout ce que j’ai fait pour vous, et notre belle cité, et oui, vous êtes un peu fatigué(e), alors, restez chez vous, c’est encore mieux, et vous allez nous faire une jolie procuration, et voilà, ne vous tracassez pas, on pense pour vous. Ou alors, on viendra vous chercher, puis vous ramener, et s’il le faut, allez, peut-être qu’on vous aidera à mettre le bulletin dans l’enveloppe à défaut de rentrer avec vous dans l’isoloir, ce que la loi – qui est dure, mais c’est la loi- interdit. Et encore, on ne parle plus – pour le moment- des faux électeurs, des inscrits qui ne le sont pas, ou des morts que l’on fait voter, même en Corse. O tempora, o mores, notre république est vraiment sauvée? Et notre démocratie exemplaire ? C’est sûr que comparé aux élections au Tchad, en Malaisie ou en Russie, nous, c’est la Grèce de Périclès !
Mais le citoyen, en fin de compte, est-il si sot, quand bien même serait-il un âne ? Alors, oui, parfois, certains, certaines, en position de faiblesse, malades, ou vieux , se laissent abuser, et le défilé des politiciens dans les maison de retraite est à la fois pathétique et honteux. Et oui, ces quelques voix déplacées feront, en certains endroits, l’élection. Mais est-ce une raison pour prendre tous les citoyens de la République, pour des béotiens illettrés , des staliniens recuits, ou des enfants de Marie apeurés élevés dans la terreur du rouge le couteau entre les dents ?
Allez, restons sereins, zen, ou cool – comme dirait mon Daddy- et portez-vous bien. Quand même.

DEVOIRS DE VACANCES , DE MORALE, DE MONARCHIE, DE GUERRE ÉLECTORALE ET AUTRES ÉLUCUBRATIONS


 
On s’approche tout doucement des vacances dites d’hiver. On y est même, depuis peu. Ah ces cochons de fainéants d’enseignants qui vont se la couler douce 15 jours alors que quand ils sont à l’école, eh bien ils en fichent pas lourd, à leurs 15 ou 18 heures hebdo, et le temps passé à la salle des profs à boire le café ( ni tabac ni alcool, hélas ! Quand reviendra le temps de la bière de 11 heures ? Courez voir un film italien intitulé LA SCUOLA , en français mal traduit par l’Ecole des Cancres !). Encore heureux quand ils ne passent pas leurs heures de cours à gifler les pauvres potaches, non mais !
Bon, on a donc jeté le sac dans un coin du bureau, à un endroit où on ne le retrouvera pas jusqu’à la rentrée, et vive les vacances, point de pénitence, les cahiers au feu, et les maîtres au milieu ( ah, non, tout de même, je viens de voir le beau film de Montaldao, Giordano Bruno, et franchement, très peu pour moi, le bûcher ! Les cahiers, ma foi, et les manuels, oui, aussi,  ces insupportables et sisyphéens manuels dont on a pendant des lustres rempli des cartons, obsolètes dès leur naissance, si l’on peut dire ! Et le poids des cartables et patati et patata ! Tiens le bon et disert ministre du Savoir public, c’est l’un des ses idéaux, ça, faire baisser le poids des cartables ! hé, camarade, interdis les portables, les rollers, les mac Do, les Rollex, les MP3, et tout le bazar, tu verras, ça s’allègera – tiens, une autre fois, on évoquera des souvenirs zémus , communs avec le sémillant ministre, le si souriant Xav, périgourdin de pleine nature et madré ( oui, comme notre Féfé) paysan d’Aquitaine !).
Bon, décidément, je digresse, je digresse, je parenthèse, j’incise et il conviendrait que je revinsse ( il passe, cet imparfait, ou il sent son cuistre mal embouché ?) à nos moutonsses, comme dit cette crapule de Topaze.
Donc, les vacances d’hiver, mais pas trop de neige, tant pis, on ira quand même en Cerdagne, c’est autant de prix sur l’adversaire. Car lui, il ne désarme pas : ce sont chaque jour les orgues de Staline, et en plus ce qui devient tragi-comique ( très vieux souvenir du Cid, qui, blague à  part, ne m’a quand même jamais fait rire : les stances de Rodrigue, c’est pas vraiment du Bigard !), c’est qu’ils se tirent entre eux, à vue, comme dans ces thrillers survitaminés venant de Hong Kong ou de Taiwan : c’est du HEAT à tous les étages. Alors, en guise d’apéro, je vous livre en vrac quelques sujets  de perplexité républicaine : l’idée incongrue de jumeler un enfant d’aujourd’hui et un enfant hélas perdu dans les infamies nazies et collaborationnistes ( et même la grande Simone s’en est émue !), l’autre idée carrément incendiaire de noter les profs des écoles aux progrès des gamins, l’ alliance de la chèvre, du loup et de la carpe, avec la madone signant avec le Béarnais  et le très fameux héron cendré un pacte contre la monarchie élective : allez, ne soyez pas faux-culs comme ça, c’est une machine de guerre contre le Pancrate, et voilà tout, et il est cerné, on l’en plaindrait presque, mais non, comme on le connaît, il a encore quelques armes de destruction massive dans ses poches. Et mille autres choses. Et un court mais dense livre enchanteur, La Grammaire en forêt, de Josée Lapeyrère, chez Léo Scherr.
Et aussi, l’Aviron bayonnais reçoit Montauban, et on vibrera un peu bleu et blanc ce samedi.
Et tout le reste, pour les prochains jours, la fièvre des correspondants,  l’apocalypse dans les campagnes ( municipales), la contagion suicidaire, de Peugeot et Renault à la Poste, le Tchad et son parangon de pureté démocratique, républicaine et révolutionnaire, Steven Spielberg qui est l’honneur des Etats-Unis.
Alors que tout simplement on voulait poster un poème, doux et tendre exercice en hommage à Jacques Roubaud, loin de la foule déchaînée. Mais on succombe trop vite à la tentation ! Et encore, il y a longtemps qu’on n’a pas parlé des blondes enchanteresses et néanmoins umpéteuses, Nana la murène et ses consœurs.
Allez, n’empêche qu’on reste méfiant, et qu’on le souhaite, avant l’apéro : mais oui, portez-vous bien ! Quand même ?
 

15 février 2008 - 12 commentaires
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