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Un BLOG Vie Locale
du Journal SUD OUEST

LE SENTIER DE L’ÂNE
Comme un journal extime, où l’on écrira, en toute immodestie, ses appréhensions du monde, où on essaiera de faire partager les passions fixes, comme celle de la poésie, en toute fraternité

L’ÂNE | banquier mon ami


   aalane8.jpg J’ai la flemme. Ce doit être le temps, l’hiver, la neige en Cerdagne, et pas très loin, les cadeaux de Noël, Dan Carter, Rama Yade, Amaury Leveaux, Largo Winch, les abrutis d’Eco-emballages, les escrocs de cette boîte américaine qui a dépensé plusieurs milliards, comme ça, pour le « fun »,  il faudrait revenir là-dessus, bien sûr, et aussi sur le doute, les interrogations, est-ce que tu continues à la tricoter, ta toile de rondins, et jusqu’où, et pourquoi …
Et puis tu es toujours coupé de la Grande Toile, tu cherches des hébergements de fortune, que tu trouves, d’ailleurs, mais enfin, ce n’est pas toujours facile, il faut galoper, d’une prairie à l’autre, il fait froid, et c’est encombré. Bon, on fait tout ce qu’on peut, les oranges seront mûres samedi prochain, en principe, et en attendant, dans le maelstrom des mauvaises nouvelles, on ne résiste pas au plaisir de graver quelques phrase d’un grand homme d’Etat, d’un grand homme tout court, Thomas Jefferson,


qui écrivait ceci en 1802 :
« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession,  jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis”

 Remplacez « américain » par français, andorran, serbe ou burkinabé, c’est pareil, les banques se ruinent,


les Etats les renflouent, elles se reruinent, les Etats les rerenflouent, c’est un vice sans fin, et nous, le peuple, bien sûr, gros jean comme devant. Et en plus c’est un banquier, un banquier pour qui on a la plus grande affection, non, pas la plus grande, toute l’affection du monde, et qui vous le rend bien, et que l’on embrasse,  qui vous confie les propos du grand américain.
Que dire de plus ? Allez, on va sauter un peu de toile de rondins en toile de rondins, on suggère à Rama Yade de passer au Parti Communiste, elle est quand même plus glamour que Marie-Georges, que l’on respecte infiniment, mais tout de même… et les adhésions , sûrement, se multiplieraient, ne serait-ce que pour partager le jambon-beure et le coup de rouge avec la si belle personne que le french doctor a taclée si irrégulièrement.



Tiens, et Nana, au fait, il y a longtemps qu’on n’a pas parlé de Nana…


Elle va bien ? Elle passe à gauche, aussi, ma jolie poissonnière blonde (j’adore le poisson…) ?



 Allez, c’est un grignotis de Noël, il y en aura d’autres comme ça d’ici la saint Sylvestre, si le monde continue à tourner. On parie ? Et donc, en  attendant la fin du monde, mais lointaine, hein !, portez-vous bien. Quand même.

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L’ÂNE | Ils appellent ça « faire des économies »…

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On supprime des fonctionnaires. Non, pas des fonctionnaires ( quoique…on se demande parfois si l’envie n’en a pas traversé l’esprit d’un technocrate fou – et l’expression serait-elle devenue un pléonasme ?). Des postes de fonctionnaires. Des fonctionnaires d’Etat, bien sûr. Cette fonction publique d’Etat qui avait été créée pour pouvoir être indépendante du pouvoir politique et politicien, et résister aux éventuels abus  ( éventuels ?) de la gent politique. Alors, bien sûr, les dérapages, ils ont lieu dans tous les sens, et ils ne sont pas tous contrôlés, et il peut y avoir des fonctionnaires indélicats, parce que l’indélicatesse, comme toute imperfection, est le propre de l’homme ( et, allons, on n’est pas machiste, ni sexiste, ici, sur cette toile de rondins, de la femme aussi…). Mais on supprime donc des postes de fonctionnaires, et pas à la petite cuillère, ni même à la louche, mais carrément à la cuve. Quelques milliers par ci , quelques milliers par là, plutôt dans l’enseignement, d’ailleurs, parce que les magisters, ils sont indécrottables, ils râlent, ils réfléchissent même, et parfois, ils font preuve d’esprit critique, et même il leur arrive de l’enseigner, cet esprit critique, cet insupportable esprit critique qui, inévitablement conduit à la rébellion, à la révolte, et qui sait ? horreur et putréfaction, à la révolution. Non mais ! alors, balayez-moi tout ça ! après tout , l’éducation est une marchandise comme les autres, et pourquoi, tiens au hasard, Lagardère, Bouygues, Airbus, General Motors ou Samsung, ils ne vendraient pas de l’éducation, de l’éducatif, de l’école, du collège, du savoir, parce que vendre, ils savent faire ( bon, on en est moins sûr, avec ce que la crise, salutaire, pour cela, nous apprend de ces prétendus grands vendeurs, grandes entreprises, grandes banques, et grands dirigeants ( et là encore, dirigeantes : voir Alcatel-Lucent !))
Et les grands discours ne font rien à l’affaire, ou plutôt si, ils servent, comme beaucoup de discours, à faire de la propagande, c’est à dire à masquer sous la métaphore ou la périphrase la réalité, qui répond à une quadruple logique économique, idéologique, politique et sociale, la logique de ce qu’on pourrait appeler, en gros, la privilégiature, par exemple dans notre douce France, cette grosse dizaine de milliers de gens qui vivent dans les cercles concentriques du pouvoir, des affaires, du (show) business, du politique, et d’une fraction non négligeable des medias.
Et c’est tous les jours, la casse. La dernière trouvaille, qui passe presque inaperçue, et que des accidents médiatiques bienvenus contribuent encore mieux à cacher, larmes de crocodiles à l’appui, du crash d’un avion en Méditerranée, à quelques encablures du Canigou, à l’assaut terroriste des hôtels de luxe de Bombay  , ce qui permet de tenir ouvertes toutes les vannes de l’émotion immédiate ( faussement immédiate) parce que si le malheur des victimes et de leurs proches est réel, et si leur douleur exige pudeur et respect, où est la pudeur et le respect, dans ces dégoulis médiatoco-politiques, où, d’écran en Une, on y va de sa photo choc, de sa confidence éplorée, sans oublier son expertise apitoyée, figures de circonstances, bien rôdées après des années d’expérience dans ce cirque faussement compassionel ?

La dernière trouvaille, pour racler quelques postes, c’est de supprimer, dans toutes les associations bénévoles qui s’occupent d’éducation populaire ( vous vous rendez compte : « populaires » ! De dangereux communistes, oui,  ravacholiens, phalanstériens, boukaninistes, krotopkiniens  ou babouvistes, qui sait, même ?



De « populaire », allons, on le sait bien, aujourd’hui, il n’y a que l’umpèterie !) les fameux postes de « mis à disposition », ces fonctionnaires de ce qui s’appelait l’Education nationale, des profs pour la plupart, qui avaient été détachés au service, par exemple, de la Ligue de l’enseignement, des fédérations des œuvres laïques, des éclaireurs de France, des Francs et Franches Camarades, des CEMEA, que des foyers d’insurrection et de mauvais esprit gauchiste, on le sait bien.


Hé bé, allez, ouste, retournez dans vos classes , mauvais esprits. Et ces assoces ? elles vont crever, qu’importe, ou elles fonctionneront avec des bénévoles  de plus en plus épuisés, préssurés, de plus en plus fragilisés et de moins en moins compétents, parce que la loi, en même temps – volontairement ?- se complexifie ( horreur néologique mais réalité implacable) au nom de la sacro-sainte sécurité ( et ça c’est la trouvaille du siècle) , ou alors elles entrent dans la concurrence et elles vendent leurs services, parce qu’après tout, dans un monde marchand ou  même la mort est un commerce, pourquoi le reste serait-il gratuit ?
Alors, il y a un îlot de résistance ! Jusqu’à quand. ? le pouvoir umpéteur s’en moque, et en face, comme disait l’un de ces hommes de bonne volonté qui laissent temps, argent, santé au service du peuple, en face, c’est à dire à gauche, il n’y a que des clans, quand bien même ces clans soient maintenant dirigés par des cheftaines. Tiens, bourricot, c’est bien la première fois que tu as un mot de travers sur la Madone ! Hé bé oui. Parce que trop c’est trop, parce que la rage s’ajoute à la peine, que les rangs des camarades s’éclaircissent, que l’espoir se révèle pour ce qu’il est, une grande illusion et une sale blague. Et que la douleur est là, et le deuil, lancinants, taraudants. Bon, est-ce que l’histoire repassera les plats ? Est-ce que le peuple de 1789 , de 1848, de 1871 ou de 1905 , de 1968 même, revivra dans ses arrière-petits-enfants ? On verra. En attendant le grand soir ou le petit matin, allez en paix, et portez-vous bien. Quand même.
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L’ÂNE | Vive la Révolution !

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 Pour qui a des souvenirs, de l’âge et de la lostalgie, il se souvient du journal cultissime des Maoïstes qui s’étaient dissous peu de temps après, et qui s’intitulait Vive la révolution !



J’achetai ce journal, je le collectionnai précieusement, après l’avoir lu en long, en large et en détail, et puis, vous savez comment c’est, on déménage, on accumule, on jette, on perd, et j’ai perdu ma collection de VLR, en même temps ou presque que mes illusions sur le maoïsme, même si je reste un adorateur sectaire de celle qui fut la grande prêtresse mao des intellectuels français dans ces années-là, la sublime- je l’ai assez dit ! - Julia Kristeva ( mais Sollers est passé par là : parfois, on se dit qu’il y en a, quand même…Kristeva, et Dominique Rolin, ce coquin de Sollers, bon sang ! ces deux créatures célestes ont partagé, partagent encore la vie de l’ouvrier astucieux – c’est un peu le sens de son pseudo, non ?).
Et voilà qu’hier, faisant mon oraison quotidienne, et donc lisant le journal d’ici, je découvre, à la page politique – mais oui, mais oui, il y a une page politique, et même plutôt bien faite, irrévérencieuse et malicieuse à souhait, pas trop pour ne pas risquer la censure, mais assez pour froisser les susceptibilités  de toutes ces hautesse qui , comme disaient mes potaches «  se croivent », et pourtant, comment il disait Montaigne ? pour aussi haut qu’ils soient, ne sont jamais assis que sur leur cul !-,

Et je lis que «  les jeunes révolutionnaires vont faire la fête au clos des lys » !



Oups ! Les sabots m’en sont tombés d’ébaubissement : et le grand Jean Tortel, poète trop méconnu qui a écrit une centaine de pages pour déplier tout ce qu’on peut lire dans une phrase ( lisez Jean Tortel, j’en ai déjà parlé, son livre s’appelle Le trottoir de trèfle,  



et le texte, le plus simplement du monde, Une Phrase, j’en ai donc, dis-je, sûrement déjà parlé, mais tant pis, je répète, parce que bis repetita , on ne le dira jamais assez, placent !) pourrait s’amuser à déplier cette phrase là, et découvrir tout ce qu’elle contient de rhétorique ( qui, comme chacun sait, est souvent – toujours ?- fallacieuse).

Car, ces « jeunes révolutionnaires », ce sont les umpéteurs de la Fidelissimma,



qui n’ont pas encore atteint la quarantaine, peut-être même pas la trentaine ! et la performance est rare, parce que dans l’expression, il y a deux oxymores et une antiphrase, sans compter l’ironie – ah, un peu de cuistrerie bienvenue ! ça ne fait pas de mal, à dose homéopathique, comme dit ma cousine qui exerce la profession de médecin mésothérapeute et homéopathe dans la bonne ville de Paris, capitale de notre douce France…-. Le premier oxymore, c’est la conjonction de « jeune » avec « umpéteur » : car enfin quand on est à l’UMP, on est vieux, bon sang de bois ! Même Chirac, jeune, il était quasiment communiste !



dont acte. Quant à être umpéteur et révolutionnaire, ça c’est l’oxymore du siècle, du moins en langue de bois. A moins de considérer que la régression, la réaction, la récession, le retour en arrière, la reprivatisation, le recul, ce soit ça, la révolution, ce qui, étymologiquement parlant, ne serait pas tout à fait faux, à défaut d’être juste. Et ils font la fête, les « djeunes », quand tout le monde tire la gueule et le diable par la queue ! Dansons sur un volcan, n’est-ce pas ? et en plus, ces jeunes révolutionnaires, ils font la fête au «  clos des lys » qui n’est pas tout à fait la soupe populaire ni les restos du coeur pas plus qu’un cantine militante, mais plutôt une des bonnes tables chicos de la Fidelissimma. Alors ? Alors, il y a de l’abus, c’est le moins, et du foutage de gueule. Et le pire, c’est que ça passe et qu’on ( con ?) commence à s’y habituer. Non, pas moi, mais moi, je ne suis qu’un bourricot, même si je sais voir les oxymores, et l’antiphrase qui consiste à suggérer le contraire de l’exprimé, à savoir que ces gens-là ne sont , bien sûr, ni jeunes , ni révolutionnaires. Et que la casse continue. Que la crise a gagné. Que le monde coule. Et qu’il n’y a des chaloupes que pour ceux qui naviguent en première classe. N’empêche, on rigole, on rigole, avec les jeunes révolutionnaires umpéteurs ! Mais que fait la police ? Zut, j’oubliai, elle pourchasse les autres « djeunes »,



dans les « banlieues ». Et que fait le facteur ? Il distribue le courrier qui reste, avant d’être privatisé ! Ce n’est rien. Ça passera. En attendant, portez-vous bien. Quand même.

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L’ÂNE | Si le Pancrate était républicain…

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Si le Pancrate était républicain, il limogerait son gouvernement d’incompétents narcissiques, de psychorigides nostalgiques, d’écervelées pipolisantes, d’ambitieux rapaces, de fêtards dilettantes, de Maries-Antoinettes évaporées, de technocrates autistes bardés de certitudes. Il convoquerait un gouvernement d’union nationale de ministres- c’est à dire serviteurs – de la république rémunérés à hauteur du salaire  d’un fonctionnaire moyen en fin de carrière, avec un Hollandais aux finances, un communiste éclairé aux transports, un facteur trotskiste au travail, un tennisman chanteur à la culture, un rugbyman ombrageux et rayonnant au sport, un gaulliste désintéressé à l’Europe, un enfant de Don Quichotte au logement, un nationaliste corse aux affaires étrangères et un apatride hongrois à l’écologie.  Il supprimerait le Sénat et ferait du palais du Luxembourg une Villa Médicis pour Prix Nobel. Il nationaliserait les banques ( ça a commencé ?), les autoroutes, l’éducation, les transports routiers, l’énergie et les cliniques. Il s’efforcerait de faire l’infaisable, c’est à dire, avec tous, de faire  de la vieillesse le bel âge du repos, de la sagesse, de la satisfaction, du loisir et de l’amour et non ce naufrage lent, effroyable , dantesque qu’elle est. Il rétablirait tout le trafic ferroviaire, remettrait en service toutes les lignes de chemins de fer, même celles de Rivesaltes à Quillan, et de Perpignan à Prats de Mollo, et ferait du ferroutage une grande cause nationale. Il demanderait aux dignitaires religieux d’aller prêcher dans le désert au sable et à l’herbe et de faire lever des oasis. Il proposerait à la Wallonie, à l’Algérie et au Québec de faire un seul pays et une seule nation. Il mettrait au banc des nations les dictateurs archaïques, égocentriques, boulimiques et paranoïaques qui gangrènent l’humanité. Il militerait pour la retraite à 50 ans et travailler trois heures par jour. Il financerait la télévision publique et la presse écrite grâce à une part des recettes publicitaires des chaînes privées. Il rendrait les journaux aux journalistes. Il supprimerait les CRS et instaurerait un vrai service républicain d’un mois par an, pour tous, de 18 à 50 ans. Il doterait chaque village d’un piscine et d’une maison de la culture communales. Et mille autres choses encore.


Mais le Pancrate est-il républicain ? Et l’ordre juste est-il le faux-nez de la tyrannie ? Et les bonnes intentions constituent-elles le pavé de l’enfer ? Et l’utopie est-elle possible ? Et l’homme est-il bon ? Vialatte en doutait, et c’est l’un de mes évangélistes. I have a dream, avait dit Martin Luther King avant d’être assassiné par un fanatique  raciste qui, lui, cauchemardait. Mais nous vivons, comme l’a écrit Aragon, dans Le Monde Réel. Je n’ignore pas que les grands rêves ont conduit aux pires turpitudes et aux pires catastrophes, des Croisades au Goulag, des théocraties aux républiques populaires.


Et je reste un âne. Peut-être même bâté, naïf, et portant de grandes œillères. Alors, tant pis ! Et portez-vous bien. Quand même.
 

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L’ÂNE | Le Rayon Vert


  
Non, non, non, on ne va pas vous expliquer ce qu’est le rayon Vert ! Vous n’avez qu’ à lire Jules Verne, ou même une BD un peu snob, un peu allumée, un peu intello d’un dessinateur que j’ai croisé il  y a longtemps sur le sentier des ânes, mais lui, il se faisait plutôt porter, par les ânes…Malin comme un singe, élégant , disert, et tout et tout, Frédéric Boilet, il s’appelait, et il s’appelle encore, il travaille toujours dans les Petits Mickeys, je crois qu’il est même quelque chose comme directeur de collection, c’est un fou du Japon, d’ailleurs il s’est marié là-bas, et avec une japonaise de surcroît, et je crois encore qu’il s’adonne aux mangas adaptées à la française ( tiens, manga, c’est féminin ? et ça veut dire quoi, au juste, manga ? et Mango ? un tango égoïste, au contraire du tango communiste, le sango ?), on avait fait un bout de chemin ensemble…
Et lui, il était monté en haut du pic du Midi ( une autre fois, des daguerréotypes…) pour le voir,  le Rayon Vert, et aussi quelque part dans les hauteurs de la cathédrale de Strasbourg…et bien sûr, il ne l’avait pas vu, mais en avait fait quand même une belle histoire, un peu lente, un peu compliquée, un peu scandinave voire bergmanienne, mais enfin ça tenait la route, ou plutôt la voie…
Et pourquoi tout ça ? Eh bien parce que c’est samedimanche, que le Pancrate continue de sauver le monde et que ça m’épuise, et parce qu’il y a au bout du bout de notre belle France – mais, horreur et putréfaction, un doute m’assaille, et j’en tressaille, n’en aurais-je pas déjà parlé ? Et alors, qu’est ce qu’il va me mettre, DEB ! Dis donc, bourricot, tu perds la mémoire ou quoi ? Tu ressasses, mon vieux ! Autant parler de ronds-ponts ( mais non, mais non, il paraît qu’il y a une toile de rondins entièrement dévouée à ces ronds-points : pourquoi pas ? On attend une TDR sur les gendarmes couchés, et même sur les gendarmes debout, sur les gendarmes planqués derrière leurs jumelles à attraper les automobilistes, les gendarmes à Saint-Tropez, et tout le reste !) – une vlle, une petite ville frontalière, Cerbère, elle s’appelle, comme le chien qui gardait la porte des enfers, et c’est peut-être un peu ce qu’elle a fait, dans ces noires et grises années franquistes, quand les républicains espagnols fuyaient les hordes du caudillo et croyaient trouver refuge dans notre bonne république. Il y avait Machado, parmi eux, et demain on reviendra parler de Machado. Mais aujourd’hui, Cerbère. Autrefois, gare internationale. Aujourd’hui, moins puisqu’il n’y a plus de frontières entre l’Espagne et la France, et que l’Espagne est redevenue un pays béni, et socialiste, avec un Zapatero plus fringant que nos éléphants roses. Mais il y a toujours la gare, les rails, les chemins de fer, et une sorte de terminus, puisqu’après, de l’autre côté, à Port Bou, vous savez bien, les rails n’ont pas le même écartement, et alors il faut tout un trafic, c’est pour ça qu’à Cerbère il y a encore beaucoup de cheminots, donc beaucoup de syndicalistes, donc beaucoup de cégétistes, et que là bas on sait encore ce que l’expression « lutte des classes » veut dire ! mais bon, c’est samedimanche, halte au feu ! et voilà : à Cerbère, il y a un allumé, ou un homme de bonne volonté, ou un fou de cinéma ou les trois à la fois qui a créé un festival de cinéma qui présente des films choisis par d’autres festivals !


et où il se tient, le festival ? Dans le plus bel hôtel de France, cet hôtel du rayon vert,



qui ressemble à un paquebot de pierre , d’acier, de béton prêt à franchir les Pyrénées. Et c’est cette image qu’on voulait garder pour passer le pont du samedimanche : ce fantastique bâtiment à cheval sur nulle part où un utopiste a donné réalité à son rêve. Alors, si vous passez par Cerbère, arrêtez vous au Belvédère, à l’hôtel du Rayon Vert, suspendez le temps, et rêvez, loin des subprimes, des crashs boursiers, des footballeurs français, et des élucubrations umpéteuses. Et portez-vous bien. Quand même.
 

L’ÂNE | Le petit département sinistré

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Vous connaissez Le petit Département éclairé ? A Dieu ne plaise ( boudiu, quelle formule !), c’est l’une des plus belles, des plus chatoyantes, des plus coruscantes ( allez, remets-en, de tes adjectifs, petit âne ! Tu as oublié la leçon ? « Rature, bourricot, rature ! Et enlève-moi tous ces adjectifs, tu n’es pas Hugo, nom de nom ! ») toiles de rondins qui se tissent sur la plate-forme méridionalo-occidentale. Et j’aurais pu signer des quatre sabots presque tout ce qui est tissé ( bon, pas la séquence du spectateur qui me laisse sur ma faim… mais question toile  qui n’est pas de rondins, chacun ses goûts, et on peut aimer Audiard, Lautner, Sollima, Corbucci, et les frères Larrieu, d’un même allant, sans pour autant mériter les foudres de quiconque !), en particulier les deux derniers grignotis sur la nostalgie du communiste et de nos vénérables PTT. Parce que nostalgique, je suis. Et même, comme je l’ai dit plusieurs fois, grostalgique. Un bon gros vieux parti communiste, qui tonnerait comme jadis dans les oreilles du Pancrate et de toute l’umpèterie, ça nous changerait du Nouveau centre ( l’invention politique la plus comique du siècle). Et nos bureaux de poste à deux guichets pour un village de 1000 habitants, ça aurait une autre allure que ces banques postales inodores, incolores et sans saveur dont la seule originalité consiste à vouloir ressembler à ses semblables, les autres banques ! Le facteur est-il une espèce menacée, comme le fut le vinaigrier du temps de sa brouette ?
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Vaste question, n’est-ce pas,
Mais ce petit coup de brosse à reluire donné, et ce salut aux morts ( le parti communiste, les PTT) fait avec toute la componction qui s’impose, venez-en au fait du jour, et passons du petit département éclairé au petit département sinistré : il existe, il est dans l’extrême fond méridional de notre douce France, à l’est des Pyrénées, au bord de Mare Nostrum, et on y trouve des catalans, des ânes, des chardons, des joueurs de rugby, et aussi les plus belles pantalonnades politiques de notre beau pays qui n’en manque pas !

Et donc, vous vous souvenez du feuilleton des chaussettes ? Eh bien, ce n’est pas fini, même si ça sent le sapin ! Le commissaire du gouvernement a plaidé auprès du tribunal administratif , à propos du recours déposé par les opposants aux  garnisseurs de chaussettes, la princesse de jade, en l’occurrence et ses colistiers, rouges, roses, vertes, et oranges, que, ma foi, certes, il y avait eu fraude, et avérée, mais seulement sur un bureau, et donc qu’il conviendrait d’enlever une bagatelle de 400 voix au consul en cap élu dans ses chaussettes, et qu’il lui resterait une avance de 150 voix. Ce qui pour une ville comme la Fidelissimma est quand même une courte avance. Il ajoute, finaud, le commissaire, qu’il n’est toutefois sûr de rien et qu’il s’en remet à la sagesse du tribunal si celui-ci annule lesdites élections et renvoie le perpignanais aux urnes, pieds nus bien évidemment. Qu’est ce qu’on s’amuse ! Et le consul en cap, qu’est ce qu’il commente ? Que c’est la première victime de cette déplorable affaire ! il faut le dire, tout de même ! Décidément, notre Nanar sévèrement burné, l’homme qui valait 400 millions,  a des émules dans le culot : ses écoles d’il y a 20 ans ont peut-être été plus efficaces qu’on ne le croit, en tout cas plus que les leçons de morale à l’école primaire…

Et sur ces entrefaites, qu’ouïs-je encore, de mes grandes oreilles ? Qu’un député-maire ( ce mot composé existe-t-il non composé ? Je n’ai pas mémoire d’un député qui ne fut point maire ; on est député-maire comme on est marin-pêcheur, et point barre !) a déclaré, sur les ondes ( oh, comme ce mot est doux à mes oreilles !) de la radio encore un moment nationale, avant de plus ou moins démentir sans démentir, dans les colonnes de la gazette orientalo-pyrénéenne portant son indépendance en oriflamme, qu’ils allaient, les umpéteurs, tripatouilller le découpage des cantons, pour ramener à la droite umpètante un vilain département qui a le front d’être de gauche ! Tripatouiller,
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le mot a été dit ! comme quoi, la métaphore politique mériterait son Roland Barthes à elle seule ! Mais enfin, on en est là, dans le petit département sinistré : on tripatouille et on bourre les chaussettes ! Tout au dessous de la ceinture, non ? Avec ça, comment voulez vous voir l’horizon aux couleurs de l’azur ? Bah, allez, portez-vous bien. Quand même.
 
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L’ÂNE | Bodega


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Samedimanche. C’est presque un petit été toutes les fins de semaine. Pour les coups fourrés, les mauvais coups, les coups en douce, je veux dire. Par exemple la raquette à phynances des contrôles de vitesse sur les chemins départementaux où passe une voiture à l’heure, en bas d’une descente, derrière un petit bosquet. Et eux, les pandores, ils t’attendent à l’autre bout du pont qu’inévitablement tu dois traverser, ou en haut de l’autre côte, quand tu es en bout de course. C’est inévitable. Et ils sont même polis, parfois, deux doigts à leur nouvelle casquette de base-balleur, et bonjour M’sieurdame, pourquoi alliez-vous à 63 alors que c’est limité à 60. Bon. Brassens m’a depuis longtemps donné la réponse à cette question, donc je ne la réitère pas. Pas plus que je recommence cette histoire, entre hoax et bonne blague, sur la travailleuse gaulée par le pandore qui, benêt ou naïf lui demande ce qu’elle fait comme métier, qui suscite son excès de vitesse, et qui répond, c’est selon la version de l’histoire, qu’elle est étireuse d’anus ou agrandisseuse de rectum, ou élargisseuse de trous du cul, etc. : si vous ne connaissez pas l’histoire, qui est, allez, fortement irrespectueuse pour la marée chaussée, elle est, mais oui, mais oui, réjouissante, malgré sa grossièreté, pour les humbles, anonymes et coupables, forcément coupables, contrevenants verbalisables que nous sommes. On a rétabli la taille, ne manque plus que la gabelle, mais ça ne saurait tarder. Quoiqu’un excès de vitesse à dos d’âne, il faudrait vraiment une mutation génétique propre à transformer un umpéteur en communiste ! ( l’inverse est plus fréquent : allez découvrir Le Petit Département Illustré, sur notre plate-forme meridionalo-occidentale, et le gentil Jacquot, l’un des éléments de l’inénarrable duo que l’ami Dedalus met souvent sur le devant de sa toile de rondins !).
Mais quand même, le samedimanche, c’est autre chose, aussi, le jour de la grasse matinée, le jour de la promenade au bord de la mer, ou de la rivière, on ramasse quelques galets, ( à moins que ce ne soit interdit, ça aussi ? Qui a la réponse ?), on se prélasse, et même on travaille, parce que le travail choisi – grosse arnaque, au demeurant ! – c’est quand même mieux que l’esclavage salarié, qui, en France, à Espelette ou Coustouges, est cependant bien plus supportable qu’à Calcutta ou Ciudad Juarez, allez !
Le samedimanche, c’est un rêve de bodega, ce lieu – voir les définitions ! – fermé ou ouvert ( déjà, ça ouvre les possibilités…) où on se réunit entre fuyards de l’extrême vie quotidienne, et il y a de la musique ou non, et on reste debout ou non, on  s’assied ou non, en tout cas, on est libre, et on partage quelques verres entre amis,

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une San Miguel, un muscat, un jus de fruits, qui sait, et on refait le match à défaut de refaire le monde. Oui, des bodegas, il y en a beaucoup dans le Sud-Ouest, beaucoup dans le Nord de l’Espagne, et oui, souvent elles ont quelque chose à voir avec les jeux barbares du samedimanche, là où viennent se faire sacrifier des toros braves. Mais non, on ne va pas reparler de corrida, il y a assez de toiles de rondins qui s’y consacrent, DEB veille avec son bazooka à lunettes infra-rouge, et Zocato, ( hélas !) en transforme ses comptes rendus en poésie inaccessible. Non, je voulais simplement dire que la bodega, c’est un peu nos toiles de rondins où on vient en liberté, amicalement, on ne se connaît pas et on se connaît depuis toujours, et on discute jusqu’à plus soif, de la cuillère de Saint Augustin, du sordissime chez Pascal Quignard, des avanies de la Pancratie, et des sous-bois de Cerdagne ou du Pays Basque, entre le Mondarrain  et l’Atchuria, par exemple, ou entre Quers et La Tour de Carol, que Brigitte Fontaine a rendue célèbre à jamais…
Et donc, ces bodegas ouvertes à tous vents, comme les prairies de Kevin Costner, on les fréquente par la pensée les samedimanches, mais oui, dans les villes où se célèbre cette étrange cérémonie autour de 30 jeunes gens en petites culottes autour d’un ballon ovale, avant, pendant et après le match ! Surtout du côté de ces villes et villages méridionalo-occidentaux, de Saint Jean de Luz à Vic Fezenzac. Ce n’est pas qu’un éloge de ce sport qui n’est pas tout à fait comme les autres, mais de ce mode de vie, où on essaie de se transporter en rêve, et la bodega serait alors une espèce d’utopie qui mélangerait les abords du Guggenheim à Bilbao, la place de la corrida à Donostia ( mais, oui, et sans toros, la place, tout simplement) , et les quais de la Nive…)

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Et la guerre s’y arrêterait un temps…
Utopie ? Non, même pas… un moment de rêverie de samedimanche, quand on est dans une bodega, une mousse à la main, avec d’autres bourricots de passage, à parler daguerréotypes, sentiers, montagnes, et impostures de ceux qui gouvernementent. Du bleu ? Non. Mais comme une échappée belle, oui. Et Si vous vous échappez aussi, portez-vous bien. Quand même.
 
 
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L’ÂNE | Crocs, cruches et crécelle

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Non, je vous assure c’est vrai, on voudrait pouvoir s’arrêter, épanouir son petit angotisme, grignoter ce que pourquoi à l’origine on a commencé à tisser sa toile de rondins, c’est à dire, finalement, tenir, vaille que vaille, son journal extime, et vaille que vaille aussi, et tant bien que mal, et tant va la cruche à l’eau – mais on y revient tout de suite…-, essayer, s’essayer à la poésie. Mais on a de grands anciens, Guillevic, Robert Marteau, Aragon, cent autres, qui vous ont donné l’exemple, non, le modèle, tellement plus grands que vous ils sont, et  chaque jour apporte sa cruche, si je puis dire. Aujourd’hui, dans un village voisin de mon étable, il y a un maire – tiens, comme par hasard, il est communiste, vraiment communiste ! - qui a décidé que la commune prendrait en charge toutes les dépenses des enfants de la commune entrant dans les écoles relevant de la compétence d’une commune, c’est à dire, -cher Xavier, arrête-moi si je m’égare-, les écoles maternelles et primaires ! un maire ! pas deux ! et il s’est trouvé quelques imbéciles – bon, tant pis, on se lâche !- qui osent dire ue ça va augmenter les impôts : eh oui, mon pauvre, pour ceux qui en payent !
Et dans cette même commune, j’ai un ami qui meurt douloureusement d’un cancer, c’est aussi simple, et qui aurait besoin d’un appareillage pour soulager, au moins, ses douleurs, à défaut de le guérir, ce qui est impossible, étant donné que les thaumaturges ont disparu ! Il a donc, dans son corps, des tuyaux trop vieux, bouchés et qui rouillent, et qu’on ne changera pas, parce que lui, mon ami, il est trop vieux, trop cher et du peuple, c’est à dire qu’il se lève chaque jour pour apporter à son prochain un sourire, un appui, un soutien, et ça, bien sûr, l’umpèterie galopante s’en contrefiche comme de l’an quarante ( et encore, je ne suis pas sûr qu’elle se fiche vraiment de l’an quarante, l’umpèterie…)
Alors, quoi ? Alors, il y a chez nos ministres ( ce mot va finir par ma faire mourir de rire) une dame de compagnie, qui sourit à qui mieux mieux, qui rit d’une voix de gorge, qui se gausse de tout et de rien, qui dit à peu près n’importe quoi sur la Sécurité sociale, mais qui a fait un pari : aller au conseil des ministres en crocs roses si je ne sais plus quel athlète français gagnait une médaille aux JO de Pékin ou quelque chose d’approchant dans le genre concours vignettes Panini. Et elle l’a fait ! J’ignorais l’existence des crocs,

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ces espèces de pieds-nus en caoutchouc aux couleurs fluos dégoulinants, que le mauvais goût, à côté, c’est le manuel du savoir-vivre chez Madame Verdurin, maintenant je sais ! Elle a osé ! Ministre de la santé, elle est ! si tu es malade, ne demande pas un traitement trop cher, mais des crocs roses, tu pourras être enterré tout nu, mais avec des pompes fluos du dernier chic ! et vivent les cruches!

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Contrairement à DEB, j’ai fait mien l’aphorisme d’Audiard sur les cons qui osent tout et que c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. Dont acte. Le foutate de gueule continue, il est permanent et qu’est-ce qu’on rigole !
Et tu crois que ça va durer longtemps, ? Tenez-vous prêts ! Et portez-vous bien. Quand même.
 
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L’âne | QUAND LES CHEVAUX S’ÉVEILLERONT

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Qui, quel(le) philosophe vient d’écrire un livre sur les animaux et les hommes ? Elizabeth de Fontenay, je crois. Ce n’est pas un livre que je lirai, et je n’ai aucune bonne raison pour ne pas le faire. Mais sur notre bonne plate-forme méridionalo-occidentale, sur les animaux, l’animalité, la bestialité, la discussion bat son plein ( c’est comme ça qu’on dit ?), qu’on se croirait presque au congrès du Parti Socialiste. Pour ou contre la corrida, la viande de cheval ou d’âne – approchez un peu, pour voir ! – le steak d’aubergine, ou le saucisson d’escargots sauvages ! Je répète ce que j’ai déjà dit plusieurs fois, dans la corrida, ce qui me fascine, me sidère, au plein sens du mot, c’est la fascination des aficionados, et plus particulièrement, cette écriture habitée par la passion et le génie ( et d’aucuns pourront dire que c’est un mauvais, génie) de Zocato : je voudrais que ce barde, il me parle de toiles de rondins, de cargolades, de forêts cerdanes, de la bière San Miguel  ou de la poésie de Cadou, je suis sûr qu’il y mettrait autant de ferveur et de…d’inexprimable quant-à-lui qui fait qu’aux premières lignes on sait que c’est du Zocato. Bon, j’arrête là, on va croire que je suis stipendié, que c’est mon oncle, ou, pire, que c’est mon pseudo ! Non, non, je n’arrive pas même au sabot de l’illustre. Mais enfin, passons,  puisqu’on parle des animaux et du toujours triste sort que l’homme leur réserve ! - sans sombrer dans le bardotisme dolent ( même si cela est naturel pour les bourricots, et puis, Brigitte, Brigitte, merde, et malgré le ravage du temps !)- , de combats de chiens, de coqs aux courses de chameaux en passant par les jeux du cirque, je suis tombé, presque par hasard, sur une autre infamie de l’espèce humaine – allez, allons-y de notre banalité prudhommesque : jusqu’où pourra-t-elle se vautrer, ladite espèce ? Mais non, mais non, il faudra reparler de l’harmonie du monde, et des hommes – et des femmes – de bonne volonté : aujourd’hui, c’est quand même l’anniversaire de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la vraie, celle de 1789, et c’est ça qu’il faudrait lire dans les écoles, et laisser les jeunes résistants communistes tranquilles !-, je suis tombé donc sur un reportage à propos des combats de chevaux.
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Sans cavaliers, bien sûr. Alors ? Alors, rien ! Un daguerréotype, et puis voilà !

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L’homme aime la guerre, surtout quand ce sont les autres qui la font. Allez, on ne va pas s’appesantir outre-mesure. Et si vous aimez les chevaux ( et les ânes), eh bien, passez vite sur ces images et souvenez-vous que ça existe. Et portez-vous bien. Quand même.
 
 
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L’âne | RASTA QUI COURT ET RASTAQUOUÈRE

 

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Vous ne pouvez pas y échapper, même si vous êtes perdu vers Kandahar, à guetter le désert des tartares la trouille au ventre. Vous avez vu ou su ou entendu parler qu’un jeune jamaïcain était devenu le roi des hommes volants dans le fameux nid d’oiseau chinois ! Il a gagné avec une décourageante facilité les deux courses où il faut courir plus vite que ses ombres, le 100 et le 200 mètres plat ( oui, parce qu’il peut y en avoir en côte, en descente ou avec des obstacles ; Tiens relisez Jarry et Ballard, sur la crucifixion de Jésus et l’assassinat de Kennedy ; et si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez, jetez un rondin à l’eau, je le récupérerai bien dans ma toile !). Il a à peine 22 ans et a gagné  en marchant et dansant ou presque, et en se frappant le cœur avec une pensée pour la nation rasta, et peut-être, qui sait ? pour son dieu déchu, le grand Bob Marley !
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Les autres ? Ils couraient une autre course, ou même ils se sont arrêtés de courir pour voir voler le divin enfant !

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Et les Américains, eux qui ont l’habitude de tout gagner sur ces courses, ils ont été tellement décontenancés que dans les relais, vous savez, ces courses solidaires où on doit de passer un bâton qu’ on appelle le témoin, eh bien, comme dans les films de Série B sur la mafia, ils l’ont perdu, le témoin, les hommes et les femmes des grands Etats-Unis d’Amérique, écrasés, enrhumés par quelques coureurs et coureuses venus d’une petite île voisine peuplée de même pas 3 millions d’habitants, la Jamaïque ! Bush, il a déclaré la guerre à d’autres pour moins que ça, cet affront à la grande Amérique !

Et alors, comme après le jeune Usain – et Libé, toujours à l’affût du bon titre, a trouvé l’idoine, «  le roi Usain », bien sûr !-, trois superbes jeunes gazelles rastas ont gagné le 100 mètres féminin, puis ont récidivé sur le 200 mètres, alors là les soupçons se sont déversés sur ces jeunes coursiers, sûrement dopés et tout et tout ! Pensez ; des jamaïcains, venus d’un pays où on naît quasiment un joint dans la bouche !

Qui sait ? Peut-être oui, peut-être non. Même le président du CIO, ce club privé où les bonnes manières et l’art de bien se tenir à table font office de philosophie, a jugé que le jeune Usain, il en faisait trop, il manquait de respect aux autres concurrents, à la course, aux Jeux, à tout le monde quoi ! Tiens, ça me rappelle un peu, même si les choses ne sont pas égales par ailleurs, tous les tombereaux de purin qu’on a déversé sur John Carlos et Tommie Smith, quand ils avaient gagné le 200 mètres, à Mexico je crois, et que pendant l’hymne américain, ils avaient levé un poing ganté de noir et baissé la tête !
 
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Et ils l’ont payé, après, ce geste de vainqueur. Bon, Usain, lui, il ne paiera pas, parce qu’en Jamaïque, ça y est, il est un dieu vivant, le fils du grand Bob, et une nouvelle légende rasta.

Et le seul – mais à ma connaissance, bien faible…- qui a donné une lecture critique de la chose, une analyse qui explique combien il est logique que les Jamaïcains gagnent ces courses, c’est l’ancien Directeur de l’athlétisme français, qui, je crois est un amateur de rugby plutôt proche – ou du moins il l’a été…- des idéaux communistes ; il s’agit de Jean Poczobut dont on peut lire l’ardente chronique dans notre cher Sud Ouest pendant ces JO ! Bon, on ne va  y revenir, lisez votre SO, vous le savez, c’est notre prière matutinale !  Et pourquoi choisir de s’appesantir sur justement tout ce qui n’est que légèreté ? Parce que si nous sommes dans l’ère du soupçon, pourquoi la Jamaïque et pas la Chine ? Le président du CIO, je ne l’ai pas entendu dire que l’attitude des gérontocrates chinois manquaient de respect envers le Tibet, non ? Et si malgré tout, ces rastas qui courent, ils étaient chargés comme des mules ? Eh bien, ça prouverait une chose : que le sport de haut niveau, presque partout, n’a plus rien à voir avec la santé, la vertu et la gratuité ! Mais de cela, qui en doutait encore ? Allez, il fallait bien quand même en parler de ces JO ! Et promis, on en reparlera ! En attendant, et avant de reprendre le dur labeur quotidien, alors que l’été va vers sa fin, portez-vous bien. Quand même.

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