L’âne | TANT DE BEAUTE, TANT DE LAIDEUR
Petit intermède de samedimanche au plein cœur de l’été. Non, ce n’est ni difficile ni pénible de graver sa toile de rondins, c’est mieux qu’un exercice, autre chose qu’une obligation, plus qu’un plaisir, enfin toutes ces choses, quoi ! et quand on n’a pas trouvé la vingt-cinquième heure du jour pour venir gratter son petit grignotis quotidien, on est, comment dire ? malcontent, voilà. Parce qu’on se sent trahi par soi-même, et parce qu’on croit, ô suprême vanité, que à l’autre bout de la toile, ou perché sur les rondins, quelqu’un, quelques-uns guettent, attendent votre message ! ô insupportable pitre qui croit que le monde de la toile vit moins bien sans toi ! ô cuistre impénitent, vaniteux infini, toi qui fustiges pourtant ces « artistes » qui pensent que le monde est meilleur avec eux et incomplet, triste, terne, voir condamné, sans eux. Tu sollérises, dis-tu ! et vraiment, Sollers est-il ainsi ? Ou surjoue-t-il ce rôle qu’il connaît à la perfection ! et en plus, tu l’aimes, à Sollers. Tu l’envies presque, cet histrion sublime, ce don juan universel, ce polygraphe joyeux. Voilà, voilà. Et hier, le petit âne s’est promené autour de ses champs d’habitude, sur ces sentiers de la plaine roussillonnaise, et presque à côté, coexistant dans ce que la nature transformée par l’activité des hommes peut produire de mieux et de pire, de beau et de laid, il a trouvé ces deux images, entre autres, un petit canal longeant une vieille maison,

et toute la fraîcheur de l’eau, l’ingéniosité de l’homme, un havre caché, et puis, à quatre sabots de là, au milieu des vignes, une usine, une verrue, qui sait ?

Hideuse et splendide à la fois, si nécessaire et si destructrice, qui concasse la montagne et fabrique du caillou pour les routes de l’homme ; c’est la Catalogne éternelle ? mais c’est ainsi partout pareil. Et je repars, ma boîte à images sur le dos. Voilà, un simple petit intermède presque touristique, du beau et du laid , côte à côte , au pied des Corbières, en Roussillon. En attendant de se vautrer dans un fauteuil pour regarder à l’autre bout du monde des wallabies, ces petits marsupiaux australiens, courir face aux springboks, ces gracieuses et puissantes gazelles du pays zoulou ! Ah, Mandela, indépassable héros ! Et portez-vous bien. Quand même.


prospero dit :
Jolie ruade en pays de sardane. Merci pour les encouragements. prospero
angoustrine dit :
continue; question: es-tu shakespearien et/ou joycien?
iguane dit :
La vie quoi ! le beau et le laid, le blanc et le noir, anges et démons … mais belles images Ce ciel magnifique et la fraîcheur de l’one que l’on devine au fond sous ce qui semble un saule pleureur ! oh ! doux rêve !
iguane dit :
Fraîcheur de l’onDe bien sûr, j’ai encore confondu vitese et précipitation …
DEB dit :
Ah qu’il est beau ce billet. Et voilà qui me rappelle : “Ah le beau billet qu’à là Lachâtre!” Une autre histoire… Magnifique déambulation, tu t’épures mon ami, et que c’est bien… Un thème à la fois, te dis-je, un seul… et qui se prolonge dans ton lecteur.
angoustrine dit :
merci à vous! bon, on va encore se moquer de nous et de nos intercongratulations; mais n’est-ce pas simplement la solidarité dans l’effort, la naivigation, l’exploration, tout ça, quoi! des entoileurs et entoileuses de rondins? Allez, BQM de Catalogne! et, DEB, merci bissé : j’ai toujours pensé qu’on était TOUJOURS l’arpète de quelqu’un