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du Journal SUD OUEST

LE SENTIER DE L’ÂNE
Comme un journal extime, où l’on écrira, en toute immodestie, ses appréhensions du monde, où on essaiera de faire partager les passions fixes, comme celle de la poésie, en toute fraternité

L’âne | ON RÉCUPÈRE

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D’abord, ça : Ingrid est libre. Eelle est sortie de l’enfer de la jungle colombienne.
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C’est l’essentiel, c’est presque tout, et on pourrait, on devrait s’arrêter là : elle est libre, et vive la liberté, vive les libérateurs, vive la libération ! Et , de suite, dès qu’on parle de libération, la grande chaîne des coqs aux ânes se lève. On pense d’abord à la Libération, la seule, la nôtre, en 1944 et 1945, et tout ce qui s’est accompli alors, dans l’héroïsme et l’infamie, dans la grandeur et la petitesse, dans l’immondice et la pureté ( ouh là là, ne suis-je point en train de grandiloquer, là ?), tous ces petits trafiquants qui se sont découverts résistants pierre-dacquien ( vous connaissez sa définition du résistant, à Dac : celui qui a patiemment résisté pendant toute l’occupation à son envie de faire de la résistance…), tous ces BOFistes( et un film télévisuel, peut-être même aux temps bénis de l’ORTF – mais quand ? et de qui ?-, avait sur le livre de Dutourd offert un de ses meilleurs rôles au plus grand beauf de la nation, Roger Hanin, Navarro himself, et avait permis à Andrée Férréol, dans un rôle pourri, de montrer l’étendue illimitée de sa beauté et de son talent  ( la voir dans La Grande Bouffe, bien sûr, mais aussi dans Les Galettes de Pont Aven , et d’autres petits tableaux de maître des années septante et octante…Andréa, je t’aime !– oups, les blondes vont être furieuses ! Allez, rassurez-vous, il y en  a pour tout le monde, les toiles de rondins se déroulent à l’infini !)). On pense bien sûr au programme de ce Conseil National de la Résistance, qu’on avait naguère gravé sur cette toile de rondins, et qui était un peu l’équivalent de la Magna Carta ou du Bill des droits ou de la constitution des Etats-Unis, mais qu’on occulte ( j’aime bien ce vocable…) sérieusement, parce qu’on est très sérieusement aussi en train dé détricoter tout ce tissu social crée par les tricoteurs du CNR . On pense aussi aux libérateurs, au plus célèbre d’entre eux, et c’est justifié, parce que cela se passe dans ces nations qu’il a créées, dans cette Amérique du Sud qu’il a voulu libérer du joug espagnol, pour la soumettre sous son joug à lui, le libertador, Simon Bolivar l’intouchable héros qui pourtant se serait laissé aller à œuvrer en dictateur picaresque, précurseur d’une longue lignée de caudillos qui ont  soumis cette Amérique latine d’une main de fer sans gant de velours – et là , me trompè-je encore, ou mes profs d’histoire m’ont ils trompé sur Bolivar ?-.
Bon, mais tout cela reste épiphénoménal. Ingrid est libre,
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( Bon, c’est la jungle colombienne, et un pont sur un torrent: vers où?)

et la joie est sans mesure ni tache.
Pourtant, de partout, on récupère. A croire qu’on est dans un gigantesque vide-greniers où tout le monde – enfin, tout le monde, non ! les fameuses zélites-zélotes, oui, ceux qui gouvernementent, oui, la gent politique, la sphère médiapoliticière qui tend sa toile ( d’araignée, celle-là, et non de rondins) dans tous les recoins de notre petite planète, oui !- se sert et y trouve sa bonne aubaine, sa table de chêne à 10 euros ou son Pissarro inconnu à 20 euros. Le Pancrate, tout de même mi-figue mi –raisin, se réjouit, mais n’est pas sûr d’y être pour quelque chose et fait parler les aides de camp pour glorifier sans outrance. La Madone – eh oui, il lui arrive de trébucher ! - a sûrement un peu trop parlé au Québec ( quoique…) et là, c’est les délices de partout, pour ses ennemis et ses amis ( qui sont, comme on sait , ses meilleurs ennemis !) : l’un dit que ses propos sont déplacés, l’Homme de sable la traite de « petite fille », ce qui, après tout, peut paraître flatteur, et l’aigle du Poitou
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( mais oui, le Poitou a son aigle!)

y va de ses envolées inimitables à la rescousse du Pancrate et en piqué sur celle qui lui a piqué la place, justement, dans ce cher Poitou. Quant au pittoresque porte-parole umpéteur, ses tirades lyriques sont comme d’habitude, de l’éloge amphigourique pour la Pancratie, et du blâme vipérin mais policé contre le reste du monde, et tout ça dans une belle langue de bois bien ciré, bien lustré, bien poli, sans échardes ni éclats
Et ne parlons pas de Chavez, qui s’est tu un moment, avant de se réjouir – mais que faire d’autre ?- et d’Uribe, qui devient l’égal d’Alexandre , Napoléon ou Moshe Dayan !
Mais Ingrid est libre, et tout le reste, comme l’a dit et l’a vraiment pensé le garnement de Charleville et avec lui l’absintheux de Belleville, est littérature !
Et puis, après ça, ça déferle. D’abord, on apprend que la CIA et le  Mossad ont sûrement donné un bon coup de main :  a posteriori , on est presque inquiet, parce que la CIA, les bavures, elle en fait la culture ; bon, à côté, il y avait le Mossad, ou Tsahal, et tout le monde se souvient d’Entebbe ! Mais on se dit quand même que c’est un sacré coup, et qu’on en fera sûrement un film ( on en parle déjà, du côté d’Hollywood, et la belle Florence Aubenas s’est émerveillée de l’histoire, elle qui sait ce qu’être otage veut dire !)
Et puis, de fil en aiguille, et de bouche à oreille, et de confidence en confidence, il y a quand même un journal – suisse, et les suisses, pour l’exactitude, tout de même, ils en connaissent un rayon ( de vélo), zut alors, les montres suisses, et le franc suisse, ce n’est pas rien !- qui susurre que tout cela est peut-être un écran de fumée, que l’opération militaire, c’est de la poudre aux yeux, et qu’en fait, la vérité vraie de l’affaire, c’est qu’on a versé rançon, et que le raid n’était qu’un simulacre pour gogos destiné à glorifier Uribe, son armée, et dédouaner les FARC , qui passent pour une armée de pieds nickelés en capilotade
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ou de bidasses en folie,

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mais pas pour de vulgaires brigands de grand chemin à la vénalité rapace !
On pense alors à ce film – de qui ? Il faut que je m’inquiète, moi, je perds, comme ça , des titres, des noms d’auteur, etc : hola, l’âne, ta mémoire défaillerait-elle et s’abîmerait-elle vers les gouffres de l’innommable maladie ?- où De Niro cherche un « truc » pour sauver son président, et invente une guerre, qui en fait, aura lieu, et cela fait une drôle de béchamelle.
Et les soupçons de DEB et les imprécations jubilatoires et tout de même déjantées du petit singe vert attirent l’attention. Ah, cette théorie du complot, ce syndrome de la Cotillard ! que le grand jumart nous en préserve !

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( Hé oui, c’est lui, le grand jumart, le dieu caché des ânes - enfin, pas tous: même chez les ânes, il ya des agnostiques et des hérétiques!)

Mais enfin, tout cela est dérisoire. Une seule chose est, et compte : Ingrid est libre, et c’est un peu de joie. Alors, pour ces moments-là, si fugaces, réjouissons-nous. Et portez-vous bien. Quand même.
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7 commentaires pour “L’âne | ON RÉCUPÈRE”

  • DEB dit :

    Rimbaud et Verlaine là-dedans ! Enfin, cher ami. Et vois : tu l’appelles Ingrid… Très tendance, ça. Tu vas finir par le tutoyer, comme Pancrate les journalistes…

    La propagande…. ça s’appelait comme ça, aujourd’hui ils disent : com (pour communication). Super : on lit com(me) là où on devrait lire : con…

    Petit âne, ta tête n’est pas pas aussi dur que cela…

    Complot, non. Certes pas (ça ce sont les délires débiles de ce pauvre khonlili qui dit a peu près n’importe quoi), moi je dis simplement : mauvais feuilleton, mauvais casting, mauvais dialogue, mauvaise mise en scène. “Plus belle la vie” quoi !

  • angoustrine dit :

    l’âne a peut-être mérité la volée de bois vert sur son échine? Elle a en vu d’autrs, l’échine! Rassure-moi, DEB, elle s’apelle bien Ingrid, non? Et Rimbaud/Verlaine, c’est pour le reste ( je répète) qui est littérature. Et dur, moi? Non. Têtu, oui, sûrement. Bourrin, souvent. Serais-j een train de me défendre, voire de me justifier? Non pas ça!ouh là, halte au feu! Allez, va, vive la liberté! et vive la république! et puis tiens, vive la Catalgone! BQM.

  • DEB dit :

    Je sens que je suis en train de me foutre pas mal de gens à dos, et même des gens que j’estime… Tant pis, cette mascarade me fait gerber… Ingrid Betancourt = Nelson Mandela, dixit Sarko. Et mieux : Carla Bruni et Renaud nos nouveaux Pottier… Pute borgne, sommes-nous tombés si bas ?

  • angoustrine dit :

    écoute, tes verges ( oups, l’ambiguité…) sont bénéfiques, l’âne repart de travers, alors qu’il se remettait droit…Bon, ne pas confondre: Ingrid( eh oui!) libre, c’est bien, et elle s’appelerait Cunégonde, et moi Candide, ce serait aussi bien! ce que dit le Pancrate ne m’importe que pour le piège, le danger que peuvent contenir ces dits ( ne l’ai-je pas suffisamment argué?)! Quant à l’odlaisque, mon vieil ami, je m’en tamponne allègrement ( tiens encore une baudruche) le coquillard!Pottier, tu parles de L’Internationale, là? Qui me disait, en terminale, que tout ce qui était excessif était insignifiant? Bon, Renaud, c’est un peu triste…Mais Johnny? BQM. ( et , non, tu ne t’es pas mis à dos tes potes: en général, ce sont les ânes qui portent sur leur dos…)

  • angoustrine dit :

    et au fait j’ai encore trop vite tapé ma chère CATALOGNE! Tiens, Vive Lluis Llach, aussi, et L’Estaca!

  • kohnlili dit :

    Littérature ironique (faut tout expliquer) : Ingrid est un agent de la CIA et du MOSSAD. Elle a passé six ans entre Tel-Aviv etle Texas, aux frais des contribuables. N’oubliez pas le slogan : “J’ai pété, c’est la faute aux Etats-Unis. Ca pue, c’est la faute à Israël”. Ca c’est de la vision politique internationale, coco… Et puis la vertu, j’en ai plein le luc. On m’a tué la vie avec ça. “C’est ça qu’il faut penser sinon tu es un salaud. C’est ça qu’il faut faire sinon tu es un connard”. Indignation n° 1 : Prêt ? Feu ! Indignation n° 2 : Prêt? Feu !” Désolé : après toute une vie à me demander si je faisais bien ce que disaient Truc et Machin, je pense ce que je peux, je fais ce que je peux : le plus de bien possible autour de moi, ou le moins de mal possible. Et de la littérature, c’est TOUT, pour moi, en effet. Et tout le reste n’est que CATECHISME.

  • angoustrine dit :

    je n’ai ps tout compris, petit singe, mais je suis à peu près d’accord sur tes trois dernières lignes. et puis, ton indignation, bon, c’est sûr, ça dégage!

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