ASCENSION DU PETIT TRAVAILLEUR
Voilà, le défilé, c’est passé, et la journée du travail aussi, et donc, on n’a pas fait grand chose, et même rien, on a fait, sinon aller voir des sardanes, dans un petit coin tout ensoleillé de Catalogne ( sardane, cargolade, boles de picolat, voilà des noms bien étranges pour cette peuplade sauvage qui habite, tant bien que mal, à l’est des Pyrénées, au bord de Mare Nostrum, à l’est mais au Nord ( ça y est ? Vous y êtes ? Vous vous y retrouvez ? Entre Catalogne et Pays Basque, on peut perdre son latin ( ou son catalan) ( ou son basque))). C’était quand même une conjugaison extraordinaire, hier, puisque qu’il y en avait pour tout le monde, et dans l’ordre du symbolisme, quelle aubaine ! On célébrait le même jour, et ça n’arrivera pas tous les jours, la fête très laïque, très sociale, très païenne, finalement, du premier mai, et en même temps, on célébrait, pour ce qui est de la religion dominante en France- non, non, il n’y a aucune jugement de valeur, ni aucun prosélytisme, ni aucun dévoilement : c’est un simple constat, un fait, Dieu merci ( eh, oui, il fallait bien la faire, celle-là, comme Bunuel confiant : « je suis athée, grâce à Dieu. »)- la fête de l’Ascension,

vous savez, la montée dans les airs de Jésus, fondateur sans le savoir de la religion chrétienne, parce que les vrais fondateurs, non, ça doit être les apôtres, Pierre et ses potes ( vous savez, « tu es pierre et sur cette pierre etc. » ( mais non, je ne blasphème pas, enfin, ne me maudissez pas jusqu’à la soixante-sixième génération !!!)) ?
Bon, et en plus, c’était aussi la saint Joseph, - il y a discussion : d’aucuns disent que c’est le 19 mars, et ça épilogue dur, entre l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, et la célébration du premier mai, moi j’ai tendance à préférer ça , le premier mai-, patron des artisans, des ouvriers, des charpentiers,

et peut-être aussi, allez, après tout, des bons pères de famille, biologiques, putatifs et/ou adoptifs – car l’histoire, tout le monde la connaît, le petit Jésus ne serait pas vraiment le fils de Joseph, mais Joseph, bonhomme, dans son immense mansuétude, il a fait comme si, et encore une fois il n’y a pas de blasphème-.

Vous y êtes ? Alors, hier, premier mai, Ascension, et Saint Joseph ! Si avec tout ça, on n’instaure pas le communisme avant la fin de ce joli mois de mai, c’est à désespérer de l’histoire, des symboles et des présages. D’autant plus que ce joli mois de mai, ce n’est pas n’importe lequel, c’est le quarantenaire de l’autre, l’autre joli mois de mai, celui de 68, œuf corse ! alors, gare à vous , umpéteurs, mugabistes, etc., tyrans, exploiteurs, concussionnaires de tous acabits, c’est la lutte finale ! enfin, peut-être…mais au delà de la dérision, c’est quand même étonnant, ça, cette ascension de l’ouvrier sanctifié : n’en faudrait-il pas parler davantage, le célébrer davantage, ce jour-là ? J’ai comme un empêchement intellectuel, là ( vous direz, c’est normal, pauvre bourricot !), je sens qu’il y a quelque chose à tirer de cette conjonction de ces trois fêtes, et pas seulement dans l’ordre du symbole, mais je ne sais pas bien quoi, n’étant ni Kant, ni Thomas d’Aquin, ni quelque philosophe métaphysicien que ce soit ! mais je le sens…
En attendant, c’est déjà le 2 mai, et c’est - encore !- un autre anniversaire, celui du dos de mayo, immortalisé par l’immortel Goya !

et il y en a des choses à dire, sur cette occasion manquée de faire un pays commun , de Dunkerque à Gibraltar, sous l’étendard des Lumières – et la Catalogne ? et le Pays Basque, alors ? Eh bien oui, c’est peut-être une aporie[1]…-
Bon, je vais essayer de réfléchir un peu à tout ça. En attendant, portez-vous bien. Quand même.
[1] Allez, au moins une petite fois, un petit prurit de cuistrerie, et puis on n’explique pas, hein ! il faut bien, on l’a déjà dit, que les toiles de rondins se suffisent à elles-mêmes !


amb55 dit :
oulala, bourricot, il faut te suivre ! …
bon, moi je ne retiens qu’une chose, pour toi, le premier mai, ce fut cette année comme la sainte trinité, le dégrippant “trois-en-un” et jamais deux sans trois.
Demain, tu sais quoi ? nous serons le trois mai et dimanche encore, et paraît-il Saint-Philippe et Saint-Jacques en même temps. Quatre en un, quoi !
Le 31 mai, lui, dernier jour du mois, sera celui de la visitation.Et si on épluche chaque jour et chaque fête de ce joli moi à cheval entre floréal et prairial, il y aurait du grain de l’herbe et des fleurs à moudre, petit baudet.
oula! si avec ça, 2008 n’est pas l’année de toutes les révolutions …histoire de multiplier à l’infini nos salaires et notre pouvoir d’achat … je ne sais plus à quel saint me vouer.
Solange dit :
ah, j’ai tout faux. Je m’aperçois à l’instant que l’on est aujourd’hui déjà le trois …
je me mélange déjà les pédales dans les jours du mois de mai, que sera-ce donc le mois prochain avec un an de plus ? déjà ? alalala, ça me fout le bourdon moi, ces années qui passent si vite ….
angoustrine dit :
écoute, Solange, moi, je te suis parfaitement, même si demain, ma Solange, ce sera le 4 mai - tu veux retenir la nuit, comme chantait Johnny à Catherine Deneuve, dans une autre vie?- , les jours, bien sûr, se suivent,les calendriers se chevauchent, - en tout bien tout honneur-, les ânes s’ébaudissent, le Pancrate s’énamoure, les umpéteurs umpètent, l’Odalisque chante, les riches s’enrichissent, et les pauvres s’appauvrissent, on tissera encore nos toiles de rondins,mais vive la sociale! et BQM.
angoustrine dit :
eh oui, à trois minutes près, je n’avais pas besoin de te remettre les pendules à l’heure…et, donc, si j’ai bien compris, je te souhaite - mais quand?- un bon anniversaire - et combien? ( ouh, le mégalant homme qui demande son âge à une gente dame!)-. Et toujours BQM.