L’ÂNE | Salut !
Allez,
je savais bien que ce jour arriverait, je le sentais venir, et voilà, voilà,
c’est le 4 janvier, et l’âne est arrivé à la fin du sentier. Il tire sa
révérence, pour de bon, sans regrets, encore moins de remords, avec évidemment
une immense grostalgie.
Est-ce
qu’il reviendra ? Il en doute. J’en doute. Je retourne à la vraie vie. Il
y a du jardinage, à faire, du bricolage en souffrance, 4000 livres à lire, une
bibliothèque à ranger, des montagnes à gravir, des marches à accomplir, une
retraite à vivre, avec l’ânesse de toujours, en compagnie des trois petites
merveilles, avec les amis d’ici et
d’ailleurs, et auprès d’une famille tant aimée….
Et
l’amitié à cultiver, les manifs à peupler, et la contemplation de la neige sur
le Canigou, le Pays basque et le lac Léman…
Ça
a été une belle aventure…Non, une magnifique aventure…Quand j’ai commencé, je
ne m’attendais à rien, sinon dire toute la crainte – vérifiée, depuis- que
m’inspirait toute cette umpèterie pancratienne, qui mène une politique (
politique !) de caste, de privilégiés, qui va ruiner l’Etat ( c’est déjà
bien entamé !), défaire la nation, et anéantir la république.
J’exagère ? On verra bien. En tout cas, j’ai essayé de le dire, ça ne sert
à rien, il reste le bulletin de vote et les mouvements populaires, mais,
faut-il l’avouer, je n’y crois guère, et si vous m’avez lu, vous savez bien que
le mot « espoir » ne fait pas vraiment partie de mon vocabulaire.
Mais tout de même je me suis bien amusé, j’ai écrit, et cela n’est pas perdu, j’ai rencontré d’autres toiles de rondins, d’autres entoileurs, je culpabilise encore d’avoir contribué à la mise à mort du pointeur de ronds-points, vous voyez, c’est dire , j’ai eu des lecteurs complices, qui sont venus me saluer, et je leur dis merci , au revoir, et à bientôt, ailleurs qui sait ?
Mais
cela devenait trop mécanique, je me levais le matin en me demandant ce que
j’allais mettre sur mon grignotis quotidien, je passais des heures à chercher
des daguerréotypes, et la vie s’arrêtait devant mon écran !
Et puis, cette histoire ridicule, anodine,
infantile, dérisoire, de clicks a, en quelque sorte, donné le coup de
grâce : finalement, je faisais comme tout le monde, le matin, j’allais
voir combien de clicks j’avais ! Non, mais tu te rends compte ?
Abyssale bêtise et abyssale vanité !
Voilà, c’est le dernier grignotis ! Ce n’est pas par hasard qu’il s’appelle « Salut ! » ! Je vais le laisser trois jours, jusqu’à mercredi ! et après, basta, on ferme ! et en route vers de nouvelles aventures ! je n’oublierai pas de sitôt tout ça, Blog Jim, en premier, ombre fraternelle et vigilante, qui a été toujours là, toujours présent, qui m’a mis à l’honneur deux fois, ô incommensurable vanité ! DEB l’incontournable, Patrick le piquant et ses immenses bonheurs d’écriture, Cactus, le petit département, le chanteur de jazz, à qui je pense beaucoup, lui et son grand cœur malade, le grand Pascal et son œuvre de salubrité publique, Coquine et ses poèmes, Solange, l’iguane, la mauviette, Isa, Caféine, Darnacollecta, mon petit papa tranquille, l’arbitre, Ariane, même l’arpette du ciseau depuis longtemps enfuie, les autres, tous les autres, puisque, allez, dernière poussée de stupidité vaniteuse, quelques centaines de visiteurs arpentaient le sentier tous les jours. Peut-être même que de temps en temps je me ferai le petit plaisir d’un commentaire. Et Si le Pancrate perd les élections, si l’umpèterie se désintègre dans la politiciennerie politicarde, promis, j’ouvre le champagne. Mais, tout de même, vive la République, vivent les toiles de rondins, et, allez, vive les ânes de bonne volonté.
A
tous, toute ma reconnaissance, et oui, allez pourquoi pas, toute ma
fraternité !
Et,
une dernière fois,, portez-vous bien. Quand même.














